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Le secteur Saint-Viateur Est : dix ans plus tard

Culture, Immobilier
La venue de nouveaux projets de construction résidentielle dans le secteur, dont un projet de 62 unités de condo sur Henri-Julien en face du Carmel, risque de continuer à exercer une pression à la hausse sur les valeurs foncière.
La venue de nouveaux projets de construction résidentielle dans le secteur, dont un projet de 62 unités de condo sur Henri-Julien en face du Carmel, risque de continuer à exercer une pression à la hausse sur les valeurs foncière. (photo : Simon Van Vliet)

Dix ans après le début du processus requalification du Secteur Saint-Viateur Est, les défis demeurent nombreux.

« Ça a changé beaucoup », observe Richard Ryan. Conseiller d’arrondissement du Mile End depuis 2009, il militait au sein du comité des citoyens du Mile End à l’époque où la Ville étudiait le potentiel et la stratégie de développement de cet ancien secteur manufacturier et l’impact des changements à venir sur les habitudes de mobilité dans le secteur.

Du secteur manufacturier aux industries créatives

Il n’aura fallu que quelques années pour que des entreprises du secteur tertiaire commencent à s’installer dans ce secteur central, quoiqu’enclavé, prisé par les artistes qui y avaient trouvé des logements et des ateliers abordables.

Dix ans plus tard, le nombre d’emplois dans le secteur a triplé, pour s’établir autour de 13 000 emplois, principalement dans le secteur créatif. Dans la foulée de la consolidation du pôle d’emploi dans le secteur, l’arrondissement mène depuis dix ans de grands projets d’aménagement visant à désenclaver le secteur.

Contrôler la spéculation

La requalification du secteur s’est également accompagnée d’un mouvement spéculatif intense. Par exemple, l’immeuble de 5445, de Gaspé, vendu pour 8 millions de dollars en 2008, été racheté par Allied properties en 2011 au coût de 37,8 millions qui entendait rénover pour attirer une clientèle haut de gamme.

Afin de protéger les ateliers d’artistes menacés d’éviction en raison de l’explosion des loyers commerciaux, l’arrondissement a instauré en 2012 un zonage intérimaire visant à mitiger les effets de la pression immobilière dans le secteur. Le moratoire imposé in extrémis par l’arrondissement a forcé Allied properties à négocier un bail préférentiel à long terme avec le regroupement Pied Carré.

« Probablement qu’il ne resterait plus d’ateliers d’artistes 5 ans plus tard », avance Richard Ryan qui souligne que le milieu n’est pas au bout de ses peines.

Si l’augmentation des loyers pour un grand nombre d’ateliers d’artistes est contrôlée dans le cadre de l’entente avec Pied Carré, l’augmentation des taxes demeure liée à la hausse des valeurs foncières. La venue de nouveaux projets de construction résidentielle dans le secteur, dont un projet de 62 unités de condo sur Henri-Julien en face du Carmel, risque de continuer à exercer une pression à la hausse sur les valeurs foncière.

« Il reste des gros défis », convient le conseiller qui souligne qu’à tout le moins le projet de cour de voirie dans le secteur a été définitivement écarté, ce qui ouvre de nouveaux possibles pour le développement d’infrastructures et d’espaces publics aux abords de la voie ferrée.

Lire également : L’agora du secteur Saint-Viateur Est.

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