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La Galerie le 1040 fête ses 25 ans sur le Plateau

Culture, Vie de quartier

Pousser les artistes à se prendre en main. Voici 25 ans que la Galerie le 1040 met de l’avant ses artistes  avec cette formule qui lui a permis de se démarquer depuis les années 1990.

D’abord loué par les propriétaires Marie Poulin de Courval et son mari comme boucherie, le grand espace du 1040 rue Marie-Anne Est devient en 1992 une galerie d’art. « Il y avait à l’époque un manque criant d’espaces où les artistes pouvaient exposer, explique la propriétaire, Marie Poulin de Courval. Nous avions pensé que c’était une bonne idée d’offrir ce genre de service aux artistes. » Le couple se lance alors dans le métier de galeriste.

Depuis ses débuts, la galerie propose une formule singulière aux artistes désireux d’exposer chez eux. « Nous fournissons le contenant et l’artiste fournit le contenu! », explique-t-elle. L’artiste devient le client de la galerie. Il loue les locaux, s’occupe du gardiennage et en partie de la promotion. En contrepartie, il empoche la totalité du montant des ventes de ses œuvres. « À l’époque, on nous regardait comme des extraterrestres, raconte-t-elle. Les artistes voulaient être pris en main; nous leur avons dit : ‘C’est à toi de prendre en charge ton exposition!’ »

Cette formule a permis à la galerie de ne pas adopter une logique purement commerciale. La galerie reste reliée au marché de l’art, mais est moins sensible à l’offre et à la demande. Le couple de galeristes a ainsi pu accueillir en 25 ans d’activité de nombreux artistes, qu’ils soient déjà inscrits ou non dans le marché de l’art au Québec.

Quelles problématiques?

La Galerie le 1040 a fortement souffert de la politique de l’arrondissement en matière d’urbanisme. « Une partie de notre clientèle provient de l’extérieur de Montréal : des régions, des États-Unis et même de la Chine, explique François de Courval-Milliard, fils des fondateurs qui a repris la direction de la galerie. La complexité d’accéder en voiture au Plateau et surtout de se stationner a découragé une partie d’entre eux. »  Les vignettes, les problèmes de circulation et le labyrinthe des rues à sens unique ont ainsi durement affecté la galerie.

Les réseaux sociaux ont eux aussi bouleversé les activités de la galerie. « Avant l’arrivée de Facebook, les artistes réservaient en moyenne un an à l’avance, explique François de Courval-Milliard. Aujourd’hui, comme ça prend cinq secondes, les réservations ne sont font plus que deux ou trois mois à l’avance. »

Nouvel élan

François de Courval-Milliard compte insuffler une nouvelle dynamique à la galerie. « Nos artistes trouvent parfois le gardiennage un peu long, explique-t-il. Je m’occupe actuellement de développer nos publics. Je veux transformer la galerie en espace multidisciplinaire et amener les écoles du quartier afin qu’un échange se crée entre élèves et artistes. »

Parlant le mandarin, le jeune homme compte aussi développer les activités de la galerie à Shanghai. « Ce sont ses projets, explique sa mère, Marie Poulin de Courval, avec un sourire. C’est lui qui s’occupe de ça. » Le flambeau ayant été repris peu à peu par son fils, celle-ci se dédie aujourd’hui à l’écriture d’un livre sur l’histoire du Plateau.

Pour ses 25 ans, la Galerie le 1040 propose une exposition collective intitulée « Femmes entre ciels et terres », mettant en scène jusqu’au 23 avril les œuvres de sept femmes. Un atelier dialogique mené par le professeur iconoclaste Norman Cornett sera proposé au public.

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