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L’agence immobilière Keys propose la réalité virtuelle

Immobilier
Petit cours 101 de la réalité virtuelle appliquée au magasinage de propriétés. (photo: Stéphane Desjardins)
Petit cours 101 de la réalité virtuelle appliquée au magasinage de propriétés. (photo: Stéphane Desjardins)

L’expérience fut originale, ludique, mais aussi pratique. C’était fascinant de se promener dans un logement du centre-ville à vendre grâce au casque Oculus Rift, sans quitter les bureaux de l’agence immobilière Keys, rue Laurier Ouest.

De prime abord, on estime qu’il s’agit d’un gadget au cœur d’une habile campagne de promotion, pour la jeune agence, qui a ouvert ses portes il y a quelques mois. Mais, à l’usage, on est renversé par le réalisme de l’expérience. Philippe Massucci, le président fondateur, y croit dur comme fer : « La réalité virtuelle va révolutionner le marché immobilier. Et nous sommes les premiers au Québec à l’offrir. »

M. Massucci, un Français récemment installé ici avec sa fille Candice, avec qui il pilote l’agence, s’est associé à la californienne Transported, pour adapter la technologie au marché immobilier et aux réalités montréalaises. Outre l’Oculus Rift, Keys offre aussi le casque Samsung Gear, moins performant.

Pour le client, cela se traduit par un gain de temps, puisqu’il peut explorer une panoplie de propriétés sans quitter les locaux de l’agence. Les vendeurs aussi y gagnent, car ils peuvent mettre en vedette leur propriété de manière unique sur le marché. Et, bientôt, faire un home staging virtuel, en ajoutant des couleurs sur les murs ou des objets dans les images 3D déployées dans le casque. Il n’est pas interdit de croire qu’un jour, les clients ayant leur propre casque de réalité virtuelle pourront se brancher au serveur de l’agence Keys sans quitter leur chez-soi.

Le marché de la réalité virtuelle dans le secteur de l’immobilier générera plus de 2,6 milliards de dollars américains de revenus d’ici 2025 et plus de 130 000 agents immobiliers utiliseront cette technologie d’ici trois ans, selon Goldman Sach. Rien qu’aux États-Unis, 52 milliards de dollars américains de commissions ont été générés jusqu’à maintenant grâce à cette technologie. En France, elle a été un des sujets les plus commentés de l’industrie du courtage immobilier l’an dernier, selon le Journal de l’Agence, une publication de l’industrie.

Comment ça marche?

L’équipe de Keys s’installe dans chacune des pièces de la propriété à vendre et effectue des prises de vues avec un appareil photo unique en son genre. Puis, la technologie complète un montage qui permet à l’utilisateur, une fois coiffé d’un casque, de passer d’une pièce à l’autre grâce à une télécommande. On peut suivre ses déambulations sur un moniteur. Il faut l’avouer, c’est très impressionnant.

« On veut se distinguer des autres joueurs sur le marché, c’est certain, reprend M. Masucci. Mais ça s’inscrit aussi dans notre démarche d’offrir toute une panoplie de services personnalisés, notamment en notariat, fiscalité, immigration, droit. Nous nous spécialisons dans l’immobilier haut de gamme et plusieurs de nos clients sont des immigrants investisseurs ou fortunés, qui ont des besoins particuliers. Nous les aidons à s’installer ici plus facilement, notamment dans leurs démarches d’immigration. Mais même pour nos clients québécois de longue date, nous misons sur une connaissance poussée des quartiers où sont situées les propriétés que nous offrons. Car les gens, aujourd’hui, n’achètent pas seulement de la brique et du mortier, mais aussi un environnement. Nous les accompagnons dans leur projet de vie. »

Keys a donc fait appel à des étudiants en urbanisme pour établir des fiches techniques sur les quartiers visés, en tenant compte de l’histoire, de l’urbanisme et de la vie de quartier. « On veut que les acheteurs puissent choisir un cadre de vie dans lequel ils se sentiront heureux, chez eux », reprend-il.

M. Massucci a compris l’importance de se distinguer de la concurrence lorsqu’il a dû faire face à la crise immobilière sans précédent qui a frappé la France, lors de la Guerre du Golfe, dans les années 2000 : « C’est notre rôle d’offrir des services de plus en plus personnalisés, de se distinguer par des solutions originales. »

Ce dernier reconnaît que Montréal attire de plus en plus les immigrants ou investisseurs chinois. « Montréal est une ville sécuritaire, la politique est stable, les prix de l’immobilier sont beaucoup moins élevés que dans des villes comparables en Amérique du Nord, les Québécois sont accueillants et la métropole compte tout de même plusieurs universités, dit-il. De nombreux immigrants logent leurs enfants, venus étudier ici, en achetant des propriétés. Montréal, c’est indéniable, va attirer de plus en plus d’acheteurs étrangers, notamment chinois, surtout depuis les récentes restrictions réglementaires à Vancouver et la flambée des prix à Toronto. Le Plateau n’y échappera pas. Je pars moi-même pour la Chine, où se tiennent d’importants salons immobiliers à Pékin et Shanghaï, dans les prochaines semaines. »

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Philippe Massucci, président de l’agence immobilière Keys, explique le fonctionnement du module de prise de vues permettant de visiter des propriétés à l’aide de la réalité virtuelle. (photo : Stéphane Desjardins)

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