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Plus de 30 000 appuis pour le mont Royal à l’UNESCO

Environnement
mont Royal
La candidature du mont Royal a été déposée à la Liste indicative 2017 des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO au Canada en janvier dernier par la Ville de Montréal. (photo : Image libre de droits — Flickr — TMAB2003)

Les amis de la montagne ont réussi à récolter les 30 000 signatures désirées en soutien à la candidature du mont Royal pour son inscription sur la Liste indicative 2017 des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO au Canada.

L’objectif a été atteint un jour avant la date butoir pour les signatures, soit le 26 avril à minuit. La lettre, qui fait la promotion du mont Royal à l’UNESCO, a été mise en ligne le 5 avril dernier.

La campagne de mobilisation a été lancée par Les amis de la montagne afin de bonifier la candidature du mont Royal, déposée en janvier dernier par la Ville de Montréal.

« La collectivité a déclaré son attachement au mont Royal et témoigne de sa volonté de le voir porter comme candidat au patrimoine mondial de l’UNESCO, se réjouit Hélène Panaïoti, directrice des communications et de l’engagement collectif pour Les amis de la montagne. Je suis certaine que ça va avoir un effet favorable sur la candidature du mont Royal. »

Les signatures seront remises à la fin de la semaine au gouvernement du Canada. Celui-ci fera la mise à jour des sites retenus en décembre prochain. Toutefois, ça peut prendre de cinq à dix ans avant de savoir si le Mont royal est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, selon Mme Panaïoti.

L’emblème de la métropole

Selon Daniel Chartier, architecte paysagiste dédié au mont Royal depuis 25 ans, le Mont-Royal « fait partie de la spécificité de Montréal ».

« On a un système avec des cimetières fabuleux, la montagne est mise en scène, les universités ont chacune leur typologie en face de la montagne. Il en va de même pour l’oratoire Saint-Joseph et Westmount. Tout ça inclut le mont Royal dans un réseau assez exceptionnel, qui fait maintenant plus de 750 hectares alors qu’auparavant il était de 200 hectares », explique M. Chartier, qui a rédigé un mémoire de 160 pages intitulé « Plaidoyer pour une compréhension plus fine, une conservation proactive et une réelle mise en valeur des espaces verts de la montagne ».

Le statut de patrimoine mondial de l’UNESCO permettrait au mont Royal d’atteindre une renommée internationale, mais également d’obtenir les plus hautes normes de protection pour une meilleure préservation.

Dégradation du mont Royal?

Dans un document intitulé « Le mont Royal, une richesse collective 13 », l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) fait état des orientations qui ont été dégagées de façon récurrente par les citoyens lors de onze consultations portant sur des projets situés dans l’arrondissement historique et naturel du mont Royal. Parmi les onze messages dominants envoyés par le public, on compte l’idée que « le mont Royal est fragile, et constamment menacé de dégradation » et que « la capacité limite de la montagne à recevoir de nouveaux développements est atteinte ou en voie de l’être ».

M. Chartier affirme toutefois que « ce n’est pas tellement la montagne qui s’est dégradée », mais plutôt « les interfaces entre le Mont-Royal et le continuum urbain ».

« Les stratégies que certaines institutions et organisations avaient développées en termes d’aménagement n’étaient pas à la hauteur du site, nuance l’architecte paysagiste. Il y a des choses à faire qui sont intéressantes et qui peuvent être gagnantes pour tous. Les institutions peuvent arriver à s’agrandir tout en améliorant le réseau écologique et le système de paysage. »

Une montagne plus accueillante

Le mont Royal fait état d’un encadrement strict en matière de développement. Pour M. Chartier, l’intérêt des citoyens pour la montagne passe en partie par un meilleur aménagement qui la rendrait « plus accueillante », notamment en plantant de nouveaux arbres, en « mettant en scène la nature » et en améliorant son accessibilité. Dans cette optique, l’aménagement des escaliers permettant d’ouvrir l’accès à la montagne par la rue Peel compte parmi ses nombreuses réussites.

« Maintenant, plein de gens viennent s’entraîner et il y a des places pour s’arrêter sur le côté. Nous avons aussi aménagé l’espace de manière à faire couler l’eau vers l’entrée. Il y a désormais tout un système de cascades et c’est un attrait extraordinaire. Ça l’a permis de multiplier la quantité de gens qui utilisent cette entrée par cinq, voire par dix, et ça ne détruit pas la montagne. Au contraire, ça améliore la valeur écologique », dit M. Chartier.

Le mémoire de Daniel Chartier a été remis au Conseil du patrimoine culturel du Québec dans le cadre de la consultation sur le Projet de plan de conservation du site patrimonial du Mont-Royal.

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