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À l’unisson pour un meilleur encadrement de Airbnb

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Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a joint sa voix à celle du député Amir Khadir pour réclamer un meilleur encadrement de l’hébergement touristique temporaire. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Le député de Mercier, Amir Khadir, et le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, unissent leurs voix pour réclamer l’encadrement des plateformes d’hébergement touristique temporaire comme Airbnb.

Les deux élus ont tenu une conférence de presse vendredi matin, le 5 mai, pour « demander la collaboration du ministère du Tourisme, de la Ville de Montréal et des entreprises d’hébergement touristique temporaire pour établir un meilleur encadrement à ces pratiques commerciales et diminuer les importantes nuisances qui en découlent »

Selon une étude menée par la firme Airdna et commandée par le bureau de M. Khadir, il y a eu jusqu’à 4 427 offres de location sur Airbnb en octobre dernier pour le Plateau-Mont-Royal — c’est sans compter celles publiées sur les sites web du même genre comme Flipkey ou HomeAway. La majorité était des logements entiers. Seulement 36 attestations détenaient une classification en vigueur en date du 3 mars 2017, soit moins de 0,8 % du nombre d’inscriptions.

Conséquences néfastes 

Selon le député de Mercier, ce genre de pratique commerciale engendre « l’expulsion de locataires », « une concurrence déloyale aux hôteliers qui ont leur certification » et « exerce une pression sur le parc locatif ».

De son côté, Luc Ferrandez, a témoigné des plaintes de nombreux citoyens à l’égard du bruit qui se fait valoir tardivement par les touristes ou des ordures qui sont mises à la rue à n’importe quel moment puisque ceux-ci ne sont pas familiers avec le fonctionnement et les horaires de collecte.

« On n’est pas à Barcelone où on est au pied de la mer avec les montagnes. Les touristes viennent à Montréal pour notre qualité de vie et c’est pourquoi il faut la défendre », a déclaré le maire du Plateau Mont-Royal.

Dépôt d’un projet de loi

À cet effet, Amir Khadir a déposé le projet de loi 798 il y a deux semaines, qui vise à encadrer l’hébergement touristique et à protéger le parc locatif des centres urbains.

S’il est adopté, le projet obligera les intermédiaires de location « à communiquer le nombre de nuitées, le prix payé et l’adresse à Revenu Québec », « à percevoir les taxes pour le compte de l’exploitant », « à respecter la loi en les rendant imputables du contenu qu’elles affichent sous peine de sanction » et à se limiter « à une seule attestation de classification qui peut être délivré par une personne morale ou physique ». De leur côté, les occupants pourront mettre en location leur logement pour un maximum de 60 jours par année, sans devoir se procurer d’attestation de classification.

« Nous voulons que tout le monde puisse offrir occasionnellement sa propre résidence en location, en toute légalité, tout en empêchant les promoteurs cupides de transformer les logements en hôtel illégaux », précise M. Khadir. Le projet de loi pourra subir quelques ajustements lors de la commission parlementaire.

Selon les dires du député de Mercier, la ministre du Tourisme, Julie Boulet, « convient que quelque chose doit être fait » et « a démontré une ouverture ».

« La ministre Boulet l’a admis elle-même en commission parlementaire : la loi 67 n’a pas fait le travail qu’elle était censée faire et les constats derrière notre projet de loi sont valides. Je salue sa franchise, mais elle doit maintenant passer de la parole aux actes », a conclu Amir Khadir.

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