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Accident mortel sur Parc: trop de voies?

Politique, Transport
La coroner Stéphanie Gamache recommande à la Ville de Montréal « de revoir la signalisation » du secteur de l'avenue Parc, près de la traverse piétonne qui mène à la statue de George-Étienne Cartier. (photo : Marie-Eve Cloutier)
La coroner Stéphanie Gamache recommande à la Ville de Montréal « de revoir la signalisation » du secteur de l’avenue Parc, près de la traverse piétonne qui mène à la statue de George-Étienne Cartier. (photo : Marie-Eve Cloutier)

La conseillère du district de De Lorimier Marianne Giguère estime que la configuration actuelle du tronçon de l’avenue du Parc, entre des Pins et Mont-Royal, a « clairement » contribué à l’accident qui a coûté la vie à la joggeuse Concepciòn Cortacans, le 7 janvier 2016.

Une affiche avec la photo de Concepciòn Cortacans près de l'intersection où a eu lieu l'accident. On peut y lire « Tuée ici par un conducteur brulant le rouge (sic) ». (photo : Marie-Eve Cloutier)

Une affiche avec la photo de Concepciòn Cortacans près de l’intersection où a eu lieu l’accident. On peut y lire « Tuée ici par un conducteur brûlant le rouge (sic) ». (photo : Marie-Eve Cloutier)

Mme Cortacans attendait au feu rouge, du côté est de l’avenue du Parc, afin d’utiliser la traverse piétonne qui mène à la statue de George-Étienne Cartier, tout juste devant la montagne du Mont-Royal. Lorsqu’elle s’est engagée sur Parc, une voiture arrivant en direction nord l’a frappée de plein fouet. Le conducteur aurait eu un moment d’inattention et n’aurait pas remarqué le feu rouge, selon le rapport de la coroner, a indiqué le journal La Presse cette semaine.

La coroner Stéphanie Gamache, qui a remis son rapport sur le décès de la coureuse, estime donc que la mort de Concepciòn Cortacans « était évitable » et recommande à la Ville de Montréal « de revoir la signalisation » du secteur.

« Oui, il y a certainement un problème de signalisation, mais se limiter à cela serait, à notre sens, un diachylon sur une fracture béante, commente Marianne Giguère, conseillère d’arrondissement et porte-parole pour Projet Montréal des dossiers sur le transport actif. Le problème est beaucoup plus large ».

Trop de voies

L’avenue du Parc, seulement entre Mont-Royal et des Pins, compte huit voies de circulation, soit quatre en direction nord et autant en direction sud. « On a vraiment ici une configuration autoroutière à très fort débit, illustre Mme Giguère, aussi vice-présidente de la Commission sur le transport et les travaux publics à la Ville de Montréal. Nous n’avons pas besoin d’autant de voies. Nous sommes au cœur d’un parc qui est très fréquenté par les Montréalais et les touristes venus à pied, en vélo ou en transport en commun. Ce n’est pas un endroit qui doit servir de trait d’union ».

En ce sens, elle croit qu’une recommandation de diminuer le nombre de voies dans ce segment de l’avenue aurait dû s’inscrire dans le rapport de la coroner.

« La coroner souligne que l’accident aurait pu être évité. Mais par quoi? Par un aménagement adéquat qui va dicter aux automobilistes le comportement sécuritaire à adopter, affirme Mme Giguère. C’est ce qui fait cruellement défaut ici. Cette largeur est clairement une invitation à rouler vite ».

Un avis que partage Daniel Chartier, architecte paysagiste pendant près de 40 ans pour la Ville de Montréal, spécialiste du territoire entourant le Parc du Mont-Royal. « C’est une incitation à rouler très vite et à multiplier les manœuvres dangereuses », croit l’auteur du document Magnifier et enchanter le Mont-Royal, mis en ligne par le Conseil du patrimoine culturel du Québec, en novembre 2016.

« Le nombre de voies de l’avenue du Parc doit être ramené à celui existant au sud et au nord de la montagne. L’élimination du caractère de voie rapide de ce tronçon réduirait significativement les risques pour tous les types d’usagers », ajoute le récipiendaire du prix du Mont-Royal, en 2010.

Arrêt d’autobus

Dans cette triste affaire, la présence d’un autobus articulé arrêté en amont de ladite intersection a également été mise en cause. Ce dernier aurait empêché la joggeuse d’apercevoir l’automobiliste qui arrivait à toute vitesse. « Dans des cas comme ceux-ci, où il n’y a pas de rue transversale, mais bien une intersection pour piétons, les arrêts d’autobus devraient être en aval de l’intersection », soutient-elle. La conseillère avance que l’arrondissement songe à demander à la Société de transport de Montréal de déplacer l’arrêt d’autobus « pour que les gens qui traversent voient les voitures qui arrivent ».

Réaction de la Ville 

De son côté, la Ville de Montréal confirme que « plusieurs options sont à l’étude pour l’avenue du Parc ». « Mentionnons que dans les jours qui ont suivi l’accident, la Ville, comme elle le fait toujours en pareilles circonstances, a fait un repérage sur le terrain pour voir s’il y avait des éléments qui pouvaient être modifiés immédiatement (par exemple un arbre à émonder, une tête de feu de circulation à positionner) », ajoute-t-elle.

Dans une réponse formelle de la Ville de Montréal, on peut également lire que « la Ville s’est engagée pour une Vision zéro accident. Elle se base sur le principe que la sécurité est l’affaire de tous et qu’un mort est un mort de trop. Le réseau routier doit continuer à progresser, mais il doit aussi être conçu pour protéger les utilisateurs les plus vulnérables ».

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