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Airbnb : un « calvaire » pour certains résidents

Immobilier
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La majorité des logements du Plateau-Mont-Royal offerts en location sur Airbnb sont des logements entiers. (photo : Capture d’écran du top 20 des logements à louer via Airbnb sur le Plateau-Mont-Royal en date du 9 mai 2017)

Escortes, drogues, bruits aux petites heures du matin et grabuge. Pour certains résidents du Plateau-Mont-Royal, être le voisin d’un hébergement en location touristique temporaire est un vrai « calvaire ».

C’est du moins le terme qu’utilise la résidente du Plateau-Mont-Royal, Danielle Gagné, pour décrire l’expérience qu’elle vit lorsque l’un de ses immeubles voisins est loué par des voyageurs via une plateforme d’hébergement touristique temporaire. « Imaginez une équipe de jeunes footballeurs américains qui arrivent en gang pour venir faire la fête, de quoi ça peut avoir l’air ? », lance-t-elle.

Sur sa rue, six logements situés côte à côte et liés par une passerelle sont affichés en location sur le web. Le potentiel d’accueil indiqué est de 88 personnes par nuit. « Ils vivent entre 12 et 18 personnes par logement. Il y a trois lits dans une garde-robe et une seule toilette par logement », témoigne Mme Gagné en précisant que le problème s’est arrêté depuis le décès du propriétaire, mais qu’il va bientôt reprendre puisque les logements ont été remis en location.

Bien que le problème se fait également valoir l’hiver, il empire lors de la période estivale et surtout pendant la période du Grand Prix de Montréal. Drogue et prostitution animent alors les appartements loués par les touristes.

« Ils arrivent à n’importe quelle heure en état d’ébriété et ils font le party à cinq heures comme à dix heures le matin. En gros, on n’a plus de vie. Ça détruit la vie de quartier », déplore le résident du Plateau-Mont-Royal, Francis Charest, en spécifiant que, dans 99 % des cas, la location est assurée par des jeunes dans la vingtaine.

Recours possibles ?

À savoir ce qu’ils peuvent faire pour se sauver du problème, Mme Gagné affirme ne pouvoir faire autrement que d’appeler les policiers. Toutefois, ceux-ci sont souvent pris à régler des problèmes plus urgents et leur venue peut prendre du temps.

« Allez donc dire à quinze gars de moins faire le party. C’est intimidant et il y a un risque d’agression. On ne sait pas ce qu’il peut se passer, craint-elle. Quand on appelle la police pour dire qu’il y a du bruit, c’est que ça fait 50 fois qu’on se retient en espérant que ça passe. Ça demeure stressant d’appeler le 911, il faut beaucoup de courage. » Celle-ci précise néanmoins que « les policiers ont été super » lors de chaque venue.

Airbnb, la plateforme d’hébergement touristique la plus populaire, affirme que les problèmes avec les voyageurs sont « incroyablement rares ». Il demeure que si un souci se fait valoir, les citoyens peuvent formuler une plainte sans avoir leur nom divulgué à un hôte via la page Voisins Airbnb de leur site web.

« Nous enquêtons toujours sur le comportement qui nous est signalé. L’hébergement est une grande responsabilité et ceux qui, à maintes reprises, ne répondent pas à nos attentes seront soumis à une suspension ou à un retrait », assure Lindsey Scully, responsable des communications pour Airbnb Canada, dans un courriel envoyé au journal Le Plateau.

Projet de loi 798

À cet effet, le député de Mercier, Amir Khadir, a déposé le projet de loi 798 il y a deux semaines pour encadrer l’hébergement touristique et à protéger le parc locatif des centres urbains. S’il est adopté, les occupants pourront mettre en location leur logement pour un maximum de 60 jours par année sans devoir se procurer d’attestation de classification.

Pour le résident Francis Charest, le maximum de 60 jours ne va régler en rien le problème. Selon lui, ce nombre de jours est suffisant pour mettre son logement en location pendant toute l’affluence touristique. « Tant qu’ils n’appliqueront pas une taxe ou ne suivront pas les lois de la fiscalité pour que les gens aient moins d’argent à faire avec ça, ça va toujours durer », confie-t-il au journal Le Plateau.

Selon une étude menée par la firme Airdna et commandée par le bureau de Amir Khadir, il y a eu jusqu’à 4 427 offres de location sur Airbnb en octobre dernier pour le Plateau-Mont-Royal. C’est sans compter celles publiées sur les sites web du même genre comme Flipkey ou HomeAway.

À lire également : À l’unisson pour un meilleur encadrement de Airbnb

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