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Ça roule Aux 33 Tours

Économie
Pierre Markotanyos célébrait récemment les 10 ans de son magasin de vinyles Aux 33 Tours, avenue Mont-Royal. (photo : Daphné Angiolini)
Pierre Markotanyos célébrait récemment les 10 ans de son magasin de vinyles Aux 33 Tours, avenue Mont-Royal. (photo : Daphné Angiolini)

Le vinyle a le vent dans les voiles et l’engouement du public pour la galette ne semble pas vouloir fléchir. Pierre Markotanyos le constate tous les jours dans son magasin Aux 33 Tours, avenue Mont-Royal, qui vient de souffler ses 10 chandelles et prendra (encore) de l’expansion sous peu.

Il est 8 h du matin, le 22 avril. À l’occasion du Record Store Day, qui célèbre l’industrie du vinyle à travers le monde, une file monstre habille la devanture de la boutique, quelques heures avant son ouverture. Bilan de la journée : entre 4000 et 5000 vinyles vendus.

Trois jours plus tard, histoire de célébrer la décennie de son magasin, Pierre Markotanyos organise un spectacle-bénéfice avec des groupes d’ici tels que Elsiane, Tambour, Bet. e & Stef, Men I Trust ou Le Matos. Il fait salle comble au La Tulipe. Disons que ça roule Aux 33 Tours!

Ascension vertigineuse

Quand la boutique ouvre ses portes, en 2007, elle compte trois employés. « Aujourd’hui, c’est une PME qui emploie 30 personnes », explique le propriétaire et fou de vinyles qui soutient que ses ventes augmentent de 20 %, chaque année, depuis 10 ans. « Il y a cinq ans, on n’avait ni comptable ni technicien, continue-t-il. On vendait une table tournante par mois. Là, on en vend environ 450 par année! »

En 2012, la boutique déménage dans un local voisin du premier. « On était en train d’exploser, il y avait des disques partout! Nous avons doublé de superficie », raconte M. Markotanyos.

Si la marchandise est au début constituée à parts égales de vinyles et de disques compacts, l’offre en magasin est aujourd’hui formée à 95 % de microsillons. Et l’homme d’affaires projette de prendre de l’expansion dans les prochains mois. « La demande est constante, remarque-t-il. On vend entre 500 et 600 vinyles par jour. Mais je ne veux pas déménager! Nous évaluons actuellement les possibilités d’agrandissement ».

Une passion qui ne date pas d’hier

Pierre Markotanyos reçoit son premier disque de Kiss vers l’âge de huit ans. C’est le coup de foudre. À 12 ans, il détient une collection de 200 vinyles. « Je passais les journaux pour aller m’acheter des disques!, rigole-t-il. Je partais de Châteauguay en bus pour aller au centre-ville chez Sam the Record Man et dénicher un album de The Cure, de Depeche Mode ». Ouvrir son propre magasin de disque devient vite l’objectif ultime.

« Plus tard, j’achetais des collections pendant que je travaillais chez Bell! », avoue-t-il. Il pose des annonces dans les babillards, les supermarchés, les journaux. « La demande n’était pas terrible, lance-t-il. Je travaillais fort! » Au début des années 2000, il cumule près de 300 000 disques empilés dans trois espaces de location. Il décide alors de se lancer dans l’aventure.

Il voyage en Hongrie, en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas et au Japon pour étudier les magasins et acheter des disques.

« Ça a pris presque quatre ans avant de trouver un endroit intéressant sur Mont-Royal, raconte-t-il. Je voulais absolument m’installer sur cette rue; c’est ma jeunesse. À l’époque, c’était mon pèlerinage chaque fin de semaine ».

Aujourd’hui, à 48 ans, ses rêves les plus fous se sont réalisés. « On m’a proposé de faire des franchises à Québec, à Ottawa, mais je ne veux pas. Je ne suis pas complètement satisfait de ce que j’ai en ce moment. Je suis un perfectionniste! »

À lire demain : La (re) conquête du vinyle

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