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Repousser les frontières?

Économie, Politique
Le Carré Saint-Louis se retrouve dans la mire de la SDC qui, toujours dans l’esprit de repousser ses frontières, souhaite faire rayonner son plein potentiel. (Photo: Daphné Angiolini)

Plusieurs commerçants oeuvrant à l’extérieur du périmètre couvert par la Société de développement commercial (SDC) de la rue Saint-Denis ont récemment exprimé leur désir de s’ajouter aux quelque 300 membres actuels. L’organisme songe maintenant à agrandir son territoire pour les inclure.

« L’idée nous est venue à la suite d’appels de commerçants situés sur Saint-Denis, entre Sherbrooke et Roy, ainsi qu’au nord de Gilford, explique la directrice de la SDC, Caroline Tessier. Nous avons aussi reçu des demandes de commerçants logés sur les rues transversales ».

Pour l’heure, la SDC Saint-Denis couvre exclusivement l’artère entre Roy et Gilford. Lors de la création de l’organisme, en septembre 2010, la volonté initiale était d’inclure l’entièreté du secteur commercial de Saint-Denis, de Sherbrooke à Laurier. Mais des voix se sont opposées au projet et le territoire a dû être restreint aux limites actuelles, afin de voir le jour.

Besoins de représentativité

Depuis son entrée en poste, en mars 2016, Mme Tessier a reçu une dizaine d’appels de commerçants situés à l’extérieur des frontières de la SDC.

« Tous ces gens ont des besoins de représentativité en ce qui concerne leurs intérêts, souligne la directrice. Que ce soit la présence d’un chantier devant leur porte, un problème d’horaire avec la collecte d’ordures, la propreté de leur territoire, des taxes trop hautes, etc. N’importe quel problème qu’on commerçant peut rencontrer ».

En partie subventionnées par la ville-centre, les SDC de Montréal reçoivent des sommes qui leur permettent de mettre en place des projets comme de l’illumination, des brigades de propreté ou du verdissement. « Des avantages dont ces commerçants ne peuvent bénéficier », déplore Caroline Tessier.

Amélie Jean-Louis, copropriétaire de la boutique O-Taku Manga Lounge, située coin Cherrier depuis sept ans, souhaite s’intégrer à la SDC. « Je trouve important de faire vivre la rue Saint-Denis qui est en train de se dépeupler, estime-t-elle. Ça fait mal de voir ça, en tant que commerçant. »

« En adhérant à la SDC, on peut contribuer financièrement et par des actions concrètes à dynamiser la rue, ajoute-t-elle. Et cela nous permet aussi de donner notre point de vue en tant que commerçant ».

Animer le Carré Saint-Louis

Un brin tristounet, le Carré Saint-Louis se retrouve également dans la mire de la SDC qui, toujours dans l’esprit de repousser ses frontières, souhaite faire rayonner la beauté et le plein potentiel de cet îlot de verdure au coeur de la ville. « Il n’y a pas d’espace public sur Saint-Denis, remarque Mme Tessier. Quand vient le temps de créer des événements, on a juste nos trottoirs. L’inclusion du Carré Saint-Louis dans la SDC pourrait permettre d’y organiser une foire commerciale, de bonifier l’éclairage des lieux, de l’animer avec de la musique. On serait bien heureux de s’en occuper! »

Processus laborieux

Encore au stade embryonnaire, le projet d’agrandissement nécessite plusieurs démarches. D’abord, la SDC doit demander un appui à la Ville. « Il existe un programme pour la création de nouvelles SDC ou pour l’agrandissement de celles-ci, mentionne Caroline Tessier. Une fois qu’on aura obtenu un soutien, nous pourrons procéder à des études pour s’assurer que l’idée est également rentable pour nous ».

Autre étape cruciale : sonder les commerçants. Mme Tessier estime à 70 le nombre de commerçants sur la rue Saint-Denis, entre Roy et Sherbrooke. Parmi eux, environ cinq ont émis le désir de joindre la SDC. « Quand tu es à l’intérieur du territoire d’une SDC, tu paies ta cotisation de façon obligatoire, soutient la directrice. Alors il faut organiser un genre de référendum et qu’au final plus de la majorité des gens nous disent qu’ils veulent en faire partie. Il y a ensuite création et signature d’un registre pour les opposants ».

Ce n’est qu’à la toute fin du processus démocratique que le projet avorte ou qu’il est approuvé par la Ville.

La SDC compte débuter ses démarches à la fin de l’été.

 

 

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