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La (re)conquête du vinyle

Culture
Le disquaire Yannick Simard tient entre ses mains le disque Tabarnac d'Offenbach, réédité sous l'étiquette Return To Analog. (Photo: Daphné Angiolini)
Le disquaire Yannick Simard tient entre ses mains le disque Tabarnac d’Offenbach, réédité sous l’étiquette Return To Analog. (Photo: Daphné Angiolini)

À quoi est attribuable, selon Pierre Markotanyos, la popularité sans cesse grandissante du vinyle? « Contrairement au disque compact et au téléchargement, le vinyle est un item durable, soutient-il. Il peut passer à travers plusieurs mains et générations ».

Il croit également que l’engouement actuel pour le microsillon découle d’une envie de contact plus direct avec la musique. « Au lieu de travailler avec des fichiers mp3, on tient ici quelque chose de tangible dans les mains. C’est un objet d’art. Il y a un plaisir à déposer l’aiguille sur le disque », estime-t-il, évoquant au passage la recherche de nostalgie chez d’autres amateurs. « Il y a des gens dans la cinquantaine qui arrivent en magasin avec une liste. Ils désirent rebâtir la collection de disques qu’ils ont vendue dans les années 1990 pour acheter des CD! »

Sans nier l’éventualité d’une mode passagère, M. Markotanyos demeure optimiste. « De 1955 à 1990, la seule façon d’écouter de la musique sur la planète était d’acheter des vinyles, dit-il. Il y a encore des millions de disques dans les maisons et tant de musique à transférer aux plus jeunes! On a déjà trouvé une collection de 72 000 long-jeux dans une demeure en banlieue de Montréal ».

Toutes les générations

Le propriétaire souligne également que sa clientèle regroupe toutes les tranches d’âge, de 15 à 80 ans. « Des collectionneurs, des passionnés, tout le monde visite la boutique, pas seulement des hipsters ou des petits vieux! », plaisante-t-il, précisant que le noyau de visiteurs se situe entre 25 et 55 ans. « Il y a des couples fin cinquantaine où chacun fait sa pile pour se rejoindre à la caisse. Il peut aussi y avoir un jeune de 25 ans qui a reçu une table tournante de son vieil oncle qui déménage en résidence. Et il a découvert un son incroyable, incomparable à celui d’un vidéo sur YouTube ».

Étiquette indépendante

Pour répondre aux demandes de ses clients, l’entrepreneur a créé, il y a trois ans, sa propre étiquette de disque — Return To Analog –  afin de rééditer des classiques intemporels ou des œuvres cultes devenues rares. Il cite l’exemple de l’album Tabarnac d’Offenback : « On se le faisait demander très souvent. On achetait des milliers de disques par semaine, mais celui-ci rentrait deux, trois fois par année. Et il était toujours abîmé, car c’est un disque de party des années 70! J’ai donc fait un peu de recherches, de téléphones, j’ai trouvé les droits et proposé de faire une réédition. » Le mois dernier, M. Markotanyos n’a signé rien de moins que la discographie complète d’Offenbach.

Pour l’heure, une quinzaine de titres des années 1960 à aujourd’hui sont sortis et une vingtaine sont à venir dans les prochains mois, dont Bulldozer et Soap Opera d’Offenbach ou encore un Miles Davis live de 1961. Aussi, un long-jeu de Georges Brassens, tiré d’une prestation qu’il a donnée à Montréal la même année. Enregistré sur bobines à l’époque, le spectacle est sorti sur disque compact il y a quelques années, mais c’est la première fois qu’il prend vie sous la forme d’un vinyle. « C’est fabuleux. C’est un spectacle très intime, avec Brassens à la guitare, une contrebasse et le public », conclut Pierre Markotanyos. D’autres titres seront dévoilés au cours de l’année.

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