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Renaître de ses cendres

Économie, Politique
La rue Saint-Denis semble doucement retrouver sa vitalité d'antan. (Photo: Daphné Angiolini)
La rue Saint-Denis semble doucement retrouver sa vitalité d’antan. (Photo: Daphné Angiolini)

De mars à septembre 2016, le taux d’inoccupation de la rue Saint-Denis, entre Roy et Gilford – territoire couvert par la Société de développement économique (SDC) – est passé de 27% à 16%. Une très bonne nouvelle pour la santé de l’artère montréalaise.

Au cours des derniers mois, déambuler sur la rue Saint-Denis, à la hauteur du Plateau Mont-Royal, s’apparentait à un triste pèlerinage au cours duquel se succédaient les pancartes à louer, les locaux vides et placardés. Bien qu’encore préoccupante, la situation semble s’être récemment améliorée, l’artère retrouvant doucement sa vitalité d’antan.

Battre le fer…

Dans la foulée du grand chantier qui a pris fin à l’automne dernier, après cinq mois de travaux lourds, une vingtaine de commerces ont fermés, mais 35 autres ont ouverts, selon la directrice de la SDC, Caroline Tessier. Cette dernière attribue notamment cette remontée au programme PRAM, qui a su attirer de nouveaux investisseurs, ainsi qu’aux propriétaires qui acceptent, pour la plupart, de baisser le coût des loyers pour redynamiser le secteur.

Les travaux ne seraient donc pas les seuls responsables de la débandade ayant touchée Saint-Denis, puisque le taux d’inoccupation des locaux de l’importante artère – toujours entre Roy et Gilford – était déjà alarmant avant le début de la phase intensive du chantier, en avril 2016.

« Les commerces de détails ont subi des revers dans les dernières années, admet Caroline Tessier. La vente en ligne a affaibli le commerce ayant pignon sur rue. Il y a aussi les hausses de taxes et du coût de stationnement, puis l’offre de qualité qui s’est développée en banlieue ».

Qu’à cela ne tienne, la situation semble aujourd’hui beaucoup plus encourageante et la SDC Saint-Denis compte bien battre le fer pendant qu’il est chaud.

Un programme de recrutement commercial

La SDC a fait de la location des locaux vacants son principal cheval de bataille. L’équipe lancera en juin un programme de recrutement commercial pour attirer de nouveaux entrepreneurs.

Sa stratégie? Mettre sur pied un redoutable trio: une agence de courtier immobilier pour aider les futurs locataires à dégoter l’endroit idéal, une boîte de communication pour courtiser les investisseurs éventuels, ainsi que la SDC elle-même, pour qui la rue n’a plus de secrets.  « Nous voulons accompagner les commerçants dans leurs démarches et leur offrir une foule de services/conseils, souligne Mme Tessier. Nous désirons que Saint-Denis retrouve son caractère unique, que les gens se l’approprient. Notre objectif est d’atteindre d’ici un an et demi le taux moyen d’inoccupation à Montréal, soit d’environ 9% ».

La SDC souhaite ainsi approcher et attirer quelques gros noms tels que Ricardo, Frank and Oak, Mandies ou encore Chocolats Favoris.

Relancer la rue

Assane Ouattara désire lui aussi participer à la revitalisation de l’artère. Il y a près de trois mois, il a choisi Saint-Denis pour ouvrir son tout premier commerce. « Saint-Denis reste Saint-Denis, elle est connue jusqu’à l’extérieur du pays!, souligne le propriétaire de la boutique de vêtements Zao Hommes. Et les travaux sont finis, la rue n’est que plus belle! Pourquoi ne pas être de ceux qui y croient? Tout le monde doit participer à cette relance! ».

Modifier l’usage

À la demande de la SDC, l’arrondissement a approuvé, début mai, une modification d’usage des locaux de l’artère, entre Roy et Gilford. Depuis une dizaine d’années, on retrouvait essentiellement des commerces de détails sur Saint-Denis, les autres commerces étant rarement autorisés. Du coup, une quincaillerie, une poissonnerie ou encore une galerie d’art pourront éventuellement voir le jour. « De cette façon, nous pourrons offrir à la clientèle un service de proximité plus large et plus varié», se réjouit Caroline Tessier.

 

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