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UberEATS ne fait pas peur aux petits joueurs locaux

Économie
UberEATS
L’entreprise locale de livraison à vélo, Fooducoin, ne considère pas UberEATS comme un compétiteur. (photo : Image libre de droits — Flickr)

L’arrivée de UberEATS à Montréal possèderait l’avantage d’aider les livreurs locaux à se démarquer au niveau de leur service.

C’est du moins ce que croit Thibault Bloyet, cofondateur de l’entreprise locale de livraison à vélo Fooducoin. « C’est une bonne nouvelle ! Ça veut dire que le marché de la livraison explose », lance-t-il d’emblée.

Depuis le 19 avril dernier, la compagnie Uber s’attaque au marché de la livraison de repas à domicile. À partir de l’application mobile, les citoyens peuvent commander des plats de plus d’une centaine de restaurants montréalais. De gros noms tels que L’Gros Luxe et Venice MTL figurent dans la liste des restaurateurs qui se sont associés au service, qui permet de payer en ligne et de suivre le cheminement du repas à partir du restaurant jusqu’à son arrivée à l’adresse de livraison.

« Ce qui nous plaît, c’est qu’Uber arrive avec un message qui est vraiment différent de nous. Ça va nous permettre de nous démarquer encore plus en tant qu’acteur de changement », nuance Thibault Bloyet.

100 % écologique

Pour les fondateurs de Fooducoin, il est impossible de voir UberEATS comme un compétiteur. Leurs modes de fonctionnement sont trop distincts.

« Les premiers échos que j’ai eus d’UberEATS ne sont pas très positifs. Les livreurs sont pressés par leur supérieur, ils n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre. La nourriture arrive facilement froide, car ils doivent faire des trajets à droite et à gauche dans la ville. Quand on regarde au-delà du livreur, ils font des dizaines de kilomètres et brûlent une halte de carbone pour aller livrer votre bouffe », explique Thibault Bloyet tout en saluant la volonté d’UberEATS de vouloir offrir de la nourriture de qualité.

Fooducoin se différencie des UberEATS, Just Eat, Foodora et des autres gros joueurs de l’industrie en offrant un service de livraison à vélo 100 % écologique — que ce soit au gros soleil ou en pleine tempête de neige — pour le compte de restaurants et petits commerces logés sur le Plateau Mont-Royal. Pour faire partie des partenaires de Fooducoin, les restaurateurs doivent adhérer à une « charte des valeurs » stipulant qu’ils n’utiliseront pas de contenants nocifs pour l’environnement.

« On essaie vraiment de maximiser le potentiel humain. Ce qu’on veut, c’est de travailler avec des acteurs montréalais, que ce soit au niveau des restaurateurs ou des consommateurs — qu’on peut appeler des consommACTEURS à ce niveau-là. On veut travailler avec des livreurs, qui comprendront la réalité locale et qui apporteront une valeur supérieure plutôt que d’aller simplement d’un point A à un point B », témoigne M. Bloyet.

Encourager les commerces

Dans un article publié le 9 janvier dernier dans le journal La Presse, le professeur titulaire à la faculté de management et d’agriculture de l’Université Dalhousie, à Halifax, Sylvain Charlebois, fait part qu’UberEATS permettra « à de petites entreprises de Montréal de profiter d’un service de livraison qu’elles ne pourraient se payer autrement et d’ainsi percer un marché surtout occupé par les grandes chaînes. »

Questionné par le journal Le Plateau à savoir s’il est en accord avec cette hypothèse, Thibault Bloyet se montre mitigé.

« Ils vont aller vendre le fait qu’ils aident les restaurateurs à pousser leurs murs et générer des profits supplémentaires et ils ont bien raison. Mais est-ce que ça dessert les cafés et restaurants de quartier sur le long terme ? Je n’en suis pas certain, au même titre que je ne suis pas certain que Foodora le fait », dit-il.

À lire également : Fooducoin propose un service de livraison écolo de nourriture

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