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À la rescousse de l’Institut des Sourdes-Muettes

Culture, Histoire
(photo : gracieuseté de la Société d'histoire du Plateau)
(photo : gracieuseté de la Société d’histoire du Plateau)

La Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal (SHP) a dévoilé une plaque commémorative en l’honneur de l’Institution des Sourdes-Muettes. L’occasion pour la SHP et les élus locaux de lancer un cri du cœur pour que le bâtiment soit classé patrimoine historique.

La Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal (SHP) fêtait dans la chapelle de l’Institut le lancement de son plus important bulletin, « L’Institution des Sourdes-Muettes : une œuvre nationale ». La soirée s’est déroulée dans la joie et l’émotion, au fil des témoignages d’anciennes élèves de l’institution, parmi lesquels celui de Danielle Goulet, dont la mère, la grand-mère et même l’arrière grand-mère ont fréquenté comme elle l’institution. « L’Institut a fait entendre les sourds et parler les muets », résume Richard Ouellet, président fondateur de la SHP, paraphrasant une citation de l’Évangile selon Saint-Marc.

Pendant plus de cent ans, l’Institution des Sourdes-Muettes a permis à des centaines de jeunes filles de suivre un enseignement adapté à leur condition sous la gouverne des Sœurs de la Providence. Aujourd’hui propriété de la Société québécoise des infrastructures (SQI), le bâtiment est à vendre par le gouvernement. Les locaux sont actuellement presque tous inoccupés: de nombreux étages sont laissés vides.

Afin de préserver l’héritage de cette institution, la SHP et les élus locaux se sont donné comme mission de faire en sorte que le bâtiment soit inscrit sur la liste du patrimoine culturel du Québec.

L’enjeu de la reconnaissance de l’ISM comme patrimoine national dépasse juste celui de la préservation des pierres du bâtiment. Il s’agit de conserver un héritage double : celui de la mémoire des centaines de jeunes filles sourdes et muettes qui ont fréquenté l’institution et celui du travail dévoué des Sœurs de la Providence auprès de ces jeunes filles.

Front commun

La députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, compte s’assurer que l’Institut ait la reconnaissance qu’il devrait avoir. « À deux reprises, le ministère [de la Culture et des Communications] n’a pas voulu le classer patrimoine national. Leur argument est que l’Institut ne desservait que la population de Montréal. Or, des femmes de l’Alberta et des États-Unis ont été accueillies à l’ISM. C’est plus que local, c’est une institution nationale, voire internationale! Et avec tout le travail que toutes ces femmes ont investi là dedans, ça n’a pas de bon sens qu’on ne le reconnaisse pas. »

Selon la députée de Québec Solidaire, classer le bâtiment en tant que patrimoine historique permettrait de développer des projets communautaires comme des logements sociaux ou des garderies. « Nous considérons que puisque ce bâtiment a été payé par le monde de la base, il devrait rester dans le public », souligne-t-elle.

Pour le maire du Plateau, Luc Ferrandez, il faut classer l’ISM pour conserver l’esprit des lieux. « Les Sœurs de la Providence ne nous lèguent pas juste des pierres, mais de la noblesse, explique-t-il. En 1864, les Sœurs faisaient sans internet du sociofinancement pour leur recherche de fonds. C’est un entrepreneuriat dont nous devons nous rappeler! »

Le maire compte mettre le gouvernement devant ses responsabilités. Bien que la protection du patrimoine entraîne des coûts, le Québec étant une société prospère, explique-t-il, il faut que « cela se traduise par des gestes de grandeur, de solidarité, de respect et de mise en valeur de nos institutions. »

(photo : gracieuseté de la Société d'histoire du Plateau)

De gauche à droite, Gabriel Deschambault, Manon Massé, l’Abbé Paul Leboeuf et Richard Ouellet (photo : gracieuseté de la Société d’histoire du Plateau)

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