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Le magasin Beatnick Records condamné à se terrer

Culture, Économie
(photo : Pierre de Montvalon)
(photo : Pierre de Montvalon)

Le disquaire Beatnick Records sur la rue Saint-Denis fait face à une situation pénible : les fondations de son édifice doivent être remises à niveau, ce qui a obligé le magasin à reculer sa devanture dans le demi-sous-sol du bâtiment qu’il occupe.

La devanture du disquaire Beatnik Records, installé depuis presque deux décennies sur la rue Saint-Denis, entre l’avenue des Pins et la rue Roy, permettait au magasin d’avoir pignon sur rue, même s’il se situait en demi-sous-sol.

Maintenant, sa devanture a des airs d’entrée de grotte. Des travaux sur les fondations du bâtiment l’ont obligé à reculer sa devanture dans le demi-sous-sol du bâtiment. Plusieurs piliers de métal soutiennent une façade dont la partie basse a été arrachée. Pour accéder au magasin de vinyles, il faut descendre un petit escalier de bois et entrer dans le magasin au travers d’une paroi en contreplaqué.

Spike, employé depuis de nombreuses années chez le disquaire, avait remarqué des infiltrations d’eau provenant de la rue. « Le trottoir était construit tout croche. Lorsqu’il pleuvait, ça devenait humide autour de la porte », explique-t-il. Cachée derrière un grand échafaudage, et surtout retranchée dans le sous-sol de l’édifice, la devanture du magasin est enterré sous les travaux. « C’est comme une sorte de tree house [cabane dans un arbre]! », lance à la blague, avec une pointe d’amertume, Spike.

« On est complètement oublié»

Nick, propriétaire de Beatnick Records, est moins porté à rire. «. Alors que nous avons eu de bons mois de janvier et février, et qui annonçaient un printemps prometteur, ces travaux nous sont tombés dessus. » Depuis, le propriétaire de Beatnick Records est découragé. «Nous sommes complètement assommés par le problème », explique-t-il, dépité.

La durée de 30 jours de travaux promis par le propriétaire arrive à échéance. « Les travaux n’avancent que très lentement, d’autant plus avec la grève de la construction qui a retardé d’une dizaine de jours l’échéancier. » Alors que Nick s’était fait promettre un chantier d’une durée d’un mois, celui-ci est maintenant aux prises avec un retard d’une quinzaine de jours. Le propriétaire lui a offert un dédommagement, qui, au regard des complications et difficultés occasionnées, ne compense pas les pertes engendrées, déplore-t-il.

« Ça représente un paquet de troubles. On a des décisions à prendre maintenant. » Envisage-t-il une fermeture? « Rendu à mon âge et où est-ce que je suis, ça ne m’importe plus », lâche Nick, amer.


Le propriétaire de la bâtisse n’a pas retourné nos messages à l’heure où est publié cet article.

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