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Changer le monde, changer la ville : une discussion animée

Culture, Politique
La discussion publique entre l'autre du traité de municipalisme À nous la ville!, Jonathan Durand-Folco (au centre) et la conseillère d'arrondissement Marianne Giguère s'est tenu dans le nouveau local de la librairie Le Port de Tête.
La discussion publique entre l’autre du traité de municipalisme À nous la ville!, Jonathan Durand-Folco (au centre) et la conseillère d’arrondissement Marianne Giguère s’est tenu dans le nouveau local de la librairie Le Port de Tête. (photo : Simon Van Vliet)

Une discussion publique entre l’auteur Jonathan Durand-Folco et la conseillère d’arrondissement Marianne Giguère a donné lieu à des débats de fond jeudi.

C’est dans le nouveau local, bondé, de la librairie Le Port de Tête, situé au 269 Mont-Royal Est, que s’est tenue la discussion articulée autour du traité de municipalisme À nous la ville!, publié en mars aux Éditions Écosociété.

Le municipalisme, ou révolutionner la ville

D’entrée de jeu, l’auteur et philosophe en appelle à « transformer les administrations bureaucratiques municipales » pour en faire des infrastructures d’autogestion démocratique. Loin d’être une idée nouvelle, le municipalisme est un projet politique dont les origines remontent au 19e siècle.

Réactualisé dans des expériences récentes un peu partout dans le monde, de la Catalogne au Kerala en passant par le Kurdistan, le municipalisme propose une « révolution démocratique municipale », explique Jonathan Durand-Folco. Le Réseau d’action municipale du Québec dont l’auteur est membre s’inscrit d’ailleurs dans ce mouvement de « révolte des villes ».

« Les villes peuvent changer le monde », affirme le philosophe. À condition de faire de la ville un levier de participation politique et de mobilisation sociale à l’échelle locale et régionale, capable de créer un rapport de force avec les pouvoirs nationaux sur les enjeux globaux comme l’immigration et l’économie.

Changer le monde ou changer la ville? 

Bien qu’elle demeure « persuadée que, par la ville, on peut changer le monde, la conseillère Marianne Giguère estime que l’idée d’une révolution municipaliste se heurte à “deux ou trois contraintes internes”.

Elle pointe tout d’abord du doigt la structure administrative de la ville qui concentre de nombreux pouvoirs aux mains de l’administration centrale, du comité exécutif et du bureau du maire de Montréal. Elle souligne également que les municipalités demeurent des gouvernements satellitaires, gravitant en orbite du pouvoir provincial.

Marchant sur des œufs, elle fait par ailleurs remarquer que tout changement institutionnel à l’échelle municipale impliquerait des négociations avec la fonction publique, actuellement à couteaux tirés avec l’administration sur les enjeux de relations de travail.

Entre utopie et pragmatisme

« Quand tu as le pouvoir dans les arrondissements, tu peux changer des choses », constate celle qui termine son second mandat comme élue dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Les pouvoirs publics ont tout de même leurs limites quand vient le temps de réglementer les usages et les pratiques. Prenant pour exemple le dossier d’Airbnb, Marianne Giguère note que “la difficulté, ce n’est pas tant d’interdire, c’est de faire respecter une interdiction”,

Alimentée par des échanges avec l’auditoire, la discussion s’est portée sur des enjeux plus larges : de la transition énergétique à la lutte aux inégalités sociales en passant par la refonte des institutions démocratiques. À quelque mois des élections municipales, ce débat sur la révolution municipaliste montre qu’il reste beaucoup de chemin à faire et que les urnes et les partis politiques ne représentent qu’une voie parmi d’autres pour procéder à une nécessaire transformation de la ville… et du monde.

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