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Dollard est soufflé une deuxième fois

Histoire

Dollard des Ormeaux aime trop jouer avec les allumettes. Pour une deuxième fois, la poudre vient lui souffler au visage.

Il y a 51 ans, en mai 1966 et 306 ans après la bataille du Long-Sault, notre ami Dollard a encore eu droit à un baptême du feu. En effet, de la dynamite a été placée sous son monument et le jour de la fête de Dollard de 1966, des plaisantins ont mis le feu aux poudres. Le délit ne fut jamais élucidé malgré les efforts du policier Plouffe qui, on s’en souviendra peut-être, était le spécialiste montréalais du désamorçage de bombes.

À la petite école, nos livres d’histoire nous disaient que notre héros national avait justement trouvé une mort héroïque lorsqu’en voulant défendre son fortin du Long-Sault contre les attaques iroquoises, le baril de poudre qu’il voulait lancer par-dessus la palissade, frappa une branche d’arbre et revint plutôt exploser dans le fort.

L’histoire contemporaine nous raconte plutôt que Dollard des Ormeaux avait peut-être d’autres velléités; entre autres un certain intérêt pour la traite des fourrures. Qui sait?

Sur la deuxième illustration, on voit les dégâts causés au monument. C’est le genou de Dollard qui a accusé le coup et l’ensemble de la sculpture de bronze qui a été déplacée sur son socle. On constate que Dollard n’a plus son épée qui n’a pas résisté aux efforts des grimpeurs de monument. Elle est depuis revenue et semble plus solide. Lorsque j’étais tout jeune, son épée toujours en place, mais toute gauchie, montrait des signes évidents d’usure. En 1966 elle est d’évidence disparue sur les photos.

Quant au quotidien Montréal-Matin, les plus vieux se souviendront de ce journal du matin qui en 1947 fut acheté par la machine politique de l’Union Nationale de Maurice Duplessis. Il s’appelait auparavant « L’Illustration Nouvelle ». Les « Bleus » en ont fait une implacable machine politique jusqu’au moment où, jugeant l’affaire un peu grosse, ils ont mis la pédale douce. Les documents de propriété du journal appartenaient en propre au chef du parti qui les remettait à son successeur.

Je me souviens que jeune enfant, comme l’édifice du Montréal-Matin était situé près de chez moi, la « machine bleue » distribuait ce jour-là, des casse-têtes montrant l’ensemble du cabinet de Duplessis en prévision de l’élection de 1956. J’en avais obtenu un. Mon Dieu que je le trouvais beau ce puzzle, n’allez pas me demander pourquoi !  Évidemment, la politique n’existait pas dans ma tête d’enfant.

L’édifice du Montréal-Matin se trouvait sur la rue Marie-Anne avant que le journal déménage sur le boulevard Saint-Joseph. En 1964, à l’occasion d’une grève importante du journal La Presse, il en profita pour prendre sa vitesse de croisière. Comme le fera également plus tard, le Journal de Montréal. Le bâtiment est toujours là.

Le cabinet de l’Union Nationale et son premier ministre Maurice Duplessis, le « Cheuf ».

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