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L’encadrement d’Airbnb réclamé à hauts cris

Immobilier
Le député de Mercier, Amir Khadir, la députée de Laurier-Sainte-Marie, Hélène Laverdière et le critique du NPD en matière de finance et député de Rosemont, Alexandre Boulerice en conférence de presse devant le domicile de Magali Plante (au centre) sur la rue Henri-Julien.
Le député de Mercier, Amir Khadir, la députée de Laurier-Sainte-Marie, Hélène Laverdière et le critique du NPD en matière de finance et député de Rosemont, Alexandre Boulerice, ont tenu une conférence de presse conjointe devant le domicile de Magali Plante (au centre) sur la rue Henri-Julien. (photo : Simon Van Vliet)

Malgré la loi promulgée l’an dernier au Québec, le phénomène Airbnb continue de prendre de l’ampleur de manière incontrôlée.

« Il y a une solution simple et rapide », insiste le député de Mercier, Amir Khadir, qui réclame un resserrement de l’encadrement d’Airbnb.

Des mesures éprouvées

En conférence de presse vendredi dernier, en compagnie de la députée fédérale de Laurier-Saint-Marie, Hélène Laverdière, et de son collègue le député de Rosemont, Alexandre Boulerice, Amir Khadir a enjoint le gouvernement du Québec à reprendre à son compte le projet de loi 798 qui propose des mesures pour limiter les impacts négatifs des locations de type Airbnb.

« On a examiné en long et en large le modèle que serait le plus efficace », explique le député solidaire. Il cite en exemple le modèle implanté à Londres et Amsterdam qui prévoit notamment qu’Airbnb limite le nombre de jours par année où un logement peut être offert en location sur sa plateforme.

Plusieurs municipalités nord-américaines ont également mis en place des règlements limitant le nombre de jours de location autorisés et imposant une surtaxe hôtelière. Toronto a d’ailleurs dévoilé aujourd’hui un nouveau cadre plus strict pour les locations touristiques.

Protéger le parc immobilier, préserver la qualité de vie

À l’heure actuelle, le secteur des locations touristiques représente un « Far West complet », s’inquiète Hélène Laverdière qui plaide la nécessité de « préserver notre parc de logements ».

Excédés par le va-et-vient constant, le tapage nocturne et les autres nuisances liées aux locations de courte durée dans les secteurs résidentiels, certains locataires finissent par plier bagage, souvent à contrecœur.

« Il faut que je parte d’ici », lance Patricia qui a décidé de ne pas renouveler le bail du logement qu’elle occupait depuis 17 ans, à l’angle de Rachel et Cartier. Le logement du dessus a été converti en logement Airbnb après le rachat du triplex il y a environ deux ans, relate-t-elle.

« Ça devient physiquement et moralement très difficile à vivre », relate son colocataire de longue date, Georges, qui rappelle qu’une situation particulièrement problématique a sévi pendant des mois sur la rue Cartier.

Un phénomène répandu aux quatre coins du Plateau

Depuis des années, des problèmes semblables sont vécus dans le secteur du Carré Saint-Louis.

Magali Plante espérait voir la situation s’améliorer après l’adoption de la loi provinciale l’an dernier, mais n’a constaté aucune amélioration. « Dès que les beaux jours sont arrivés, ça a commencé », se désole celle qui affirme avoir souvent « l’impression de jouer à la police ».

Le mois dernier, la résidente de la rue Henri-Julien a répertorié une petite dizaine de logements offerts en location sur Airbnb sur le seul tronçon situé entre le carré Saint-Louis et l’avenue des Pins.

« Ça nuit beaucoup à la qualité de vie », déplore la résidente qui a participé l’an dernier à l’étude du Comité logement du Plateau Mont-Royal sur le phénomène Airbnb. En plus de nuire à la vie communautaire, la multiplication de locations touristiques illégales exerce une pression sur la disponibilité des logements souligne Magali Plante qui rappelle que le Plateau est « déjà en manque de grands logements ».

Lire aussi : Les sous pour Airbnb, les soucis pour le voisinage.

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