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Les sous pour Airbnb, les soucis pour le voisinage

Économie, Immobilier, Politique
Un encadrement plus strict d'Airbnb est réclamé de toutes parts, certains allant même jusqu'à proposer l'interdiction pure et simple de la plateforme.
Un encadrement plus strict d’Airbnb est réclamé de toutes parts, certains allant même jusqu’à proposer l’interdiction pure et simple de la plateforme. (photo : Simon Van Vliet)

Les résidents du Plateau Mont-Royal aux prises avec les nuisances liées aux locations Airbnb craignent le pire pendant la fin de semaine du Grand Prix.

« En fin de semaine, c’est la F1. On ne sait pas à quoi s’attendre », soupire Georges, qui souffre depuis deux ans de nuisances liées à des locations touristiques illégales du logement situé juste au-dessus du sien. Situé au coin de la rue Cartier, le logement situé juste au-dessus de chez lui est affiché sur Airbnb sous le nom La perle du Plateau, au prix de 199 $ par nuit.

Depuis 4 ou 5 ans, Magali Plante, observe de son côté le « bal des valises à roulettes » qui déferle devant chez elle sur la rue Henri-Julien, juste au nord du Carré Saint-Louis, à chaque événement touristique majeur. Grand Prix de Formule 1, Osheaga, Festival de Jazz : chaque événement apporte son lot de touristes et de nuisances, explique la résidente qui se plaint du va et vient, du bruit et des problèmes de propreté associés au tourisme de courte durée dans le secteur résidentiel qu’elle habite depuis une vingtaine d’années.

Des locations illégales qui prolifèrent

Les locateurs, qui exploitent souvent des résidences touristiques illégales sur des rues résidentielles malgré la loi adoptée l’an dernier par le gouvernement du Québec, profitent de l’afflux de touristes pendant la fin de semaine du Grand Prix pour gonfler les prix.

Même en dehors des périodes de pointes comme cette fin de semaine, la multiplication des locations exerce une pression croissante sur le parc de logement du Plateau qui est déjà en proie à une forte spéculation.

« Il y a là un véritable problème que le gouvernement ne peut plus tolérer », fait valoir le député de Mercier, Amir Khadir. En conférence de presse devant le domicile de Magali Plante, il invite le gouvernement à mettre en œuvre les pistes de solution proposées dans le projet de loi 798 qu’il a déposé en avril et auquel le maire d’arrondissement du Plateau Mont-Royal Luc Ferrandez a apporté son appui le mois dernier.

Le député de Mercier, Amir Khadir, en compagnie de la députée de Laurier-Sainte-Marie, Hélène Leverdière, et du député fédéral de Rosemont, Alexandre Boulerice, en conférence de presse devant le domicile de Magali Plante (au centre) sur la rue Henri-Julien. (photo : Simon Van Vliet)

Le Grand Prix pour Airbnb

Une demi-douzaine de logements sur le Plateau, encore disponibles en date de vendredi après-midi, était affichés pour des sommes allant de 1 500 $ à 10 000 $ par nuit. Airbnb, qui perçoit 10 % du montant de chaque location ne prélèvent aucune taxe et ne paye aucun impôt au Canada, souligne pour sa part le député néodémocrate de Rosemont, Alexandre Boulerice, qui estime que les pertes en TPS pour la seule fin de semaine du Grand prix à Montréal s’élèvent à quelque 200 000 $.

« Tout le monde est perdant : tous les paliers de gouvernement, les contribuables », déplore le critique du NPD en matière de finance, également présent à la conférence de presse en compagnie de la députée de Laurier-Sainte-Marie, Hélène Laverdière.

Pour éviter que l’économie du partage dans le secteur touristique « ne reste le Far West », cette dernière insiste sur l’importance « que les trois paliers de gouvernement travaillent ensemble ».

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