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Le Matahari Loft ferme ses portes

Culture
(photo : page Facebook du groupe)
(photo : page Facebook du groupe)

Après une intervention policière lors du concert du groupe Young Critters, le Matahari Loft, espace artistique au passé trouble, se voit obliger de fermer ses portes.

Il est 21h15 le jeudi 18 mai. Le groupe qui s’occupe de la première partie du concert de Young Critters, un groupe de rock alternatif, entame sa dernière chanson. Il n’a pas le temps de la finir : une patrouille de police débarque au Matahari Loft avec un mandat signé par un juge.

Ce que les policiers reprochent à l’espace culturel :  ne pas disposer du permis nécessaire pour vendre de l’alcool. « Le propriétaire a été forcé d’annoncer la fin du concert et les policiers ont commencé une fouille du lieu pour trouver l’alcool », raconte Shaun Pouliot, chanteur du groupe Young Critters qui se produisait cette soirée au Matahari Loft. « C’est très frustrant : nous avions préparé ce concert pendant des mois. On ne savait pas que le Matahari Loft faisait face à ce genre de problème. »

Historique chargé

Selon Jon Weisz, directeur de Indie Montréal et attaché de presse de Young Critters, l’espace culturel faisait face à des difficultés d’obtention de permis d’alcool. « Le propriétaire avait beaucoup de difficulté à convaincre la Ville de Montréal que le Matahari Loft était un espace culturel, et non un bar, afin d’obtenir les permis de réunion permettant légalement la vente d’alcool, explique-t-il. C’était une vraie bataille. »

Quelques commentaires à propos de l’organisme sur Google laissent paraître un portait peu flatteur de l’espace, malgré les retours positifs. « Fraudeur qui ne paye pas ses fournisseurs » ; « Négligence flagrante du gestionnaire, qui a programmé deux événements la même journée et qui n’a rien fait pour arranger les choses » ; « Le propriétaire organise des événements et vend de l’alcool sans permis d’alcool ni de permis de rassemblement », peut-on lire sur les commentaires laissés sur la page Google du Matahari Loft.

Tendance sur le Plateau

Malgré ses problèmes d’organisation, le Matahari Loft était un lieu unique de la scène artistique montréalaise. L’espace, situé au croisement des rues Mont-Royal et Papineau, a accueilli depuis ses débuts de nombreux concerts, spectacles, exposition d’arts, et toutes sortes d’événements artistiques. C’est un espace de diffusion artistique de moins sur le Plateau Mont-Royal, alors que l’offre culturelle explose.

La fermeture des lieux de diffusion culturelle n’est pas un phénomène nouveau. En janvier, le Divan Orange avait fait face à des problèmes financiers majeurs. « Ce genre d’événement est inquiétant, car cela fait partie d’une tendance actuelle à Montréal et sur le Plateau, explique Jon Weisz. Beaucoup de bars-spectacles et d’espaces culturels sont aujourd’hui en mode survie. » Celui-ci pointe du doigt le statut légal. « Aujourd’hui, le mandat culturel de ces institutions n’est pas reconnu. Elles n’ont pas accès aux subventions, font face à de nombreuses plaintes de bruit et aux interventions policières. » Il faudrait alors reconnaître à ces organismes un statut d’institution culturelle, afin de préserver, selon lui, l’écosystème fragile qui se crée autour de ces espaces.

NI le propriétaire du Matahari Loft ni le SPVM n’ont retourné nos messages à l’heure où est publié l’article. Young Critters donne un concert gratuit au Divan Orange le mercredi 7 juin à 20h.

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