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Une fois par mois, « Vaincre la Nuit »

Culture
(photo : Étienne Robidoux)
(photo : Étienne Robidoux)

Un micro, un orateur accompagné d’un musicien : une fois par mois, la scène du bar Le Quai des Brumes se transforme en micro ouvert. Un par un, chacun essaye de vaincre sa Nuit.

Chaque dernier lundi du mois, la scène du Quai des Brumes est mise à disposition du public. Tour à tour, poète, étudiant, citoyen, homme ou femme viennent déclamer au public un texte de leur cru, le tout accompagné d’un musicien. « C’est complètement libre : il n’y a pas de thème ni de format précis, explique Melyssa Elmer, cofondatrice de « Vaincre la Nuit ». On s’est d’ailleurs fait reprocher de ne pas être une soirée de poésie. C’est vraiment de la lecture de texte en fait. »

Melyssa Elmer et Chris, portier du Quai des Brumes, ont lancé le concept ensemble en 2015. Les soirées connaissent depuis un succès fulgurant : dès la première édition, l’événement Facebook rejoint un grand public, le Quai des Brumes affiche complet et doit refouler des gens. « On ne connaissait personne dans la salle, raconte-t-elle. C’était à la fois inattendu et mystérieux comme succès! », ajoute la jeune femme.

Donner un corps à l’opinion

Pour elle, « Vaincre la Nuit » permet un face-à-face, alors que prolifèrent opinions en tout genre sur les réseaux sociaux. « C’est comme pogner les personnes qui aiment écrire des statuts Facebook, et les amener en personne pour confronter les autres », raconte-t-elle.

Le lien avec l’Internet et les médias sociaux est très clair selon elle. « On est tout le temps en train d’écrire ou de lire des articles à travers les médias sociaux, explique-t-elle. On doit avoir des opinions sur tout et un peu rien, à différents niveaux, tout en s’assurant que ça soit le plus drôle possible. On est dans la confrontation, on doit tout le temps débattre, sur tout. Et de manière punchy. »

« Vaincre la Nuit » vient alors chercher un besoin de s’exprimer, mais une expression qui n’est pas forcément contredite par quelqu’un d’autre. Cette expression existe en soi. Et, contrairement aux médias sociaux, les textes versent principalement dans le dramatique, glisse-t-elle. « On est vraiment dans l’introspection : il y a des affaires absurdes, ou alors très politiques, de la poésie pure. »

Édition spéciale

« Vaincre la Nuit » retourne pour une édition surprise le lundi 26 juin, au Quai des Brumes, avec une thématique  « textes d’adolescence ». « Mon idée derrière cela, c’est que les gens aillent fouiller dans leurs vieilles boîtes. Ils sortent leur vieil agenda et lisent les textes qu’ils écrivaient quand ils étaient ados. J’avais déjà assisté à une soirée de la sorte, et j’avais trouvé ça malade! Les ados, ça vit des affaires tellement dramatiques, ils vivent souvent de grosses émotions! Et c’est très drôle de voir des auteurs accomplis ressortir leurs textes d’adolescence. »

Ironiquement, Melyssa Elmer n’a jamais lu de texte au micro de « Vaincre la Nuit ». La jeune femme a peur d’influencer les participants dans leur propre choix de textes. Mais elle compte cette fois-ci ressortir les vieux cahiers de son adolescence et en réciter une partie au public du Quai de Brumes.

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