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Marathon de performances Eat Art sur le Plateau

Culture
(photo : gracieuseté de l'artiste)
(photo : gracieuseté de l’artiste)

Bain de spaghetti à la sauce tomate, repas complet mangé à vélo, station participative d’entartrage : pendant tout le mois de juillet, l’artiste Annie Maheux se lance dans un marathon de performances inspirées du mouvement artistique Eat Art.

Chaque jour du mois de juillet, la jeune artiste effectue une performance axée autour de la nourriture. Les approches sont multiples; parfois très engagée – placarder un manifeste de son cru dénonçant les conditions de travail en cuisine; absurde – émission de télévision culinaire pour chien; ou dans un esprit de communauté –  repas communautaire.

« En tant qu’artiste, on a tendance à procrastiner, à fuir certaines décisions. Je voulais qu’à la fin de ce mois de performances, l’acte de création soit inné, qu’il n’y ait pas ce délai de création. D’autant plus sur le Plateau, la seule limitation, c’est dans ta tête! », explique Annie Maheux.

Après un tiers des performances déjà effectuées, en grande partie sur le Plateau – chez elle, dans la rue, dans des parcs, dans des centres d’artistes – l’artiste se dit fatiguée, mais déterminée à aller jusqu’au bout.

Art et nourriture

Annie Maheux s’inspire directement du mouvement artistique Eat Art, ou « art du manger ». Ce courant est né dans les années 1960 sous l’impulsion de l’artiste suisse d’origine roumaine, Daniel Spoerri. À la fin des années 1950, cet artiste décide après un repas avec des amis d’accrocher les assiettes souillées au mur. « À l’époque, ça a tout de suite fait fureur », raconte la jeune artiste. De là est né ce mouvement qui met l’aliment et la nourriture au cœur du processus de création artistique.

Avec les réseaux sociaux et l’art de mettre en scène ce qui se trouve dans l’assiette, la pratique du Eat art est encore très pertinente aujourd’hui, dit-elle. « L’art et la nourriture, la cuisine, sont tellement rendus collés. Avec le plating (ndlr: mise en scène de la nourriture), l’assiette est presque devenue une œuvre d’art! Et publier les photos sur les réseaux sociaux est devenu inévitable pour les chefs : cela les occupe presque autant que leur cuisine. »

Selon elle, cette mise en art de la nourriture révèle beaucoup sur nos interactions sociales. « La nourriture est essentielle et est porteuse de toute la culture d’une société, explique-t-elle. De mon côté, je joue avec la nourriture. C’est comme avec une personne : chacun a de bons côtés et de moins bons côtés. Et quand on aime quelqu’un, on aime tous ses aspects. Et j’aime ça les explorer, que ce soit repoussant ou pas. »

Après des études en théâtre à l’Université Concordia, la jeune artiste est allée étudier à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ). Deux années d’étude à la dure, où elle se fait dire de se taire, de regarder le mur et de couper ses légumes. Elle transforme cette frustration en un manifeste « pour un Futur en Restauration au Québec » dans lequel elle dénonce les conditions de travail actuelles dans les cuisines des restaurants montréalais. Un activisme qui a eu un écho considérable dans le milieu culinaire.

« C’est un retour à moi-même ce marathon-là. À force de travailler en cuisine, je me posais la question « Mais je suis bonne dans quoi moi? » Eh bien… je sais que c’est dans l’art. »

Pour plus d’information, consulter le site internet de l’artiste, et le calendrier des performances.

Le calendrier des performances de l'artiste - en anglais.

Le calendrier des performances de l’artiste – en anglais.

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