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Molière Shakespeare et moi: burlesque au Rideau Vert

Culture
«Molière Shakespeare et moi» ne passera pas à l’histoire. Mais on s’y amuse fort bien. (affiche: Théâtre du Rideau Vert)

On tombe dans le théâtre d’été à saveur burlesque au Rideau Vert, avec «Molière Shakespeare et moi». Et ça se consomme avec bonheur.

En fait, la pièce d’Emmanuel Reichenbach, mise en scène par Charles Dauphinais, «revisite» avec fantaisie l’histoire de Montréal (dans le cadre des célébrations que l’on sait). Soyons francs, l’approche de l’auteur ne s’embarrasse pas avec les fleurs du tapis, si vous me passez l’expression: les références historiques sont carrément étranges, l’histoire est loufoque et les quiproquos dans le récit relèvent davantage de procédés narratifs et du rire que de la vraisemblance. Et pourtant, on apprécie. Même vraiment.

L’action se passe à Ville-Marie, en 1757 (ce qui n’empêche pas Reichebach de multiplier les clins d’oeil à l’époque actuelle… et à ses travers). Mgr de Montarville (Carl Béchard) confie à un poète paumé et sans le sou, Thomas Beaubien (Simon Beaulé-Bulman), le mandat de pondre une pièce à l’accent révolutionnaire, pour déstabiliser ses ennemis. Appuyé par ses amis, un coureur des bois (Carl Béchard) et une tenancière de bordel (Anne-Élisabeth Bossé), le jeune auteur écrira un brûlot qui enflammera la population de la jeune colonie… contre ses élites. Pour se venger, le gouverneur de Ville-Marie (Roger Larue) mettra la tête de Beaubien à prix, qui ira se réfugier chez les Amérindiens et y trouvera l’amour, sous les traits d’une jeune princesse (Chloé Barshee). Voilà pour la pièce.

En fait, cette production du Rideau Vert, commandée par Gilbert Rozon à Denise Filiatrault (dans le cadre des célébrations que l’on sait), avec une seule exigence, avoir Molière et Shakespear comme personnages, pour refléter la dualité franco britannique de notre histoire et de notre culture, est avant tout une comédie (musicale par moments) burlesque assez efficace. Même la mort, très Shakespearienne, y est traitée avec toute la légèreté que l’on connaît à Molière.

«Molière Shakespeare et moi» ne passera pas à l’histoire. Mais on s’y amuse fort bien.

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