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Mesurer le potentiel d’accessibilité universelle des déplacements actifs

Transport
Le nouveau modèle d’analyse, baptisé PPAS AU, compte désormais 114 critères d’évaluation qui incluent, par exemple, la présence ou l’absence de bateaux pavés, de dalles podotactiles ou de feux sonores aux traverses piétonnes.
Le nouveau modèle d’analyse, baptisé PPAS AU, compte désormais 114 critères d’évaluation qui incluent, par exemple, la présence ou l’absence de bateaux pavés, de dalles podotactiles ou de feux sonores aux traverses piétonnes. (photo d’archives : Simon Van Vliet)

Société Logique a mis sur pied un modèle d’analyse de l’accessibilité des infrastructures de déplacement actif pour les piétons ayant des limitations fonctionnelles.

Développé en collaboration avec divers organismes représentant les personnes en situation de handicap, le modèle s’inspire de celui de l’audit de potentiel piétonnier actif sécuritaire (PPAS) élaboré par la Direction de la santé publique de Montréal.

Mesurer l’accessibilité universelle

Lancée en 2014 dans le but d’éclairer la prise de décision en matière d’aménagement d’espaces publics favorables au transport actif, la démarche du PPAS avait pour objectif de documenter et d’analyser les caractéristiques favorables ou défavorables à la marche à l’échelle d’un quartier. Martine Laurin, urbaniste à la Société Logique, souligne que ce modèle ne comptait pas de critères spécifiques pour évaluer l’intégration de l’accessibilité universelle aux aménagements piétons.

Au fil de rencontres de travail avec divers organismes, dont notamment Ex-Aequo, l’Institut Nazareth et Louis-Braille et la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal, Société Logique a « reconstruit » et « remodelé » la grille d’analyse du PPAS pour y intégrer les éléments relatifs à l’accessibilité universelle (AU), explique Martine Laurin.

« On a ajouté environ 30 critères », souligne l’urbaniste qui précise que le nouveau modèle d’analyse, baptisé PPAS AU, compte désormais 114 critères d’évaluation qui incluent, par exemple, la présence ou l’absence de bateaux pavés, de dalles podotactiles ou de feux sonores aux traverses piétonnes.

Ville intelligente, ville accessible

En plus du nouveau modèle, Société logique a développé un outil numérique pour faciliter la collecte et le traitement des données et rendra disponible les résultats via le portail de données ouvertes de la Ville de Montréal. « Pour nous le gros du travail est fait », se félicite Martine Laurin. Société Logique lancera cet automne le projet-pilote pour tester le nouveau modèle et l’outil de collecte en vue du lancement officiel de l’Audit PPAS AU au printemps 2018.

Ce type d’initiative n’est pas sans faire penser à celle d’On Roule qui a créé un répertoire en ligne qui permet de recenser les organismes d’aide et de référence pour les personnes en situation de handicap ou encore les logements adaptés, mais aussi les lieux publics et les commerces accessibles dans les quartiers.

L’enjeu de l’accessibilité commerciale

Longtemps négligée, l’accessibilité des commerces fait l’objet d’une préoccupation croissante, comme en témoigne la mise en place du Programme d’aide à l’accessibilité des commerces, lancé au début de l’année par le Ville de Montréal. « Il y a toutes sortes d’accrocs », note toutefois Martine Laurin. Par exemple, le projet-pilote de réaménagement de la Promenade Masson, qui prévoit un volet d’accessibilité universelle dans lequel Société Logique est impliquée, suscite des réticences.

« Il y a une résistance », observe l’urbaniste qui souligne que sur des rues comme Saint-Denis où l’on retrouve de nombreux commerces en sous-sol ou en deuxième étage, les commerçants sont parfois réfractaires à l’idée d’investir pour rendre accessibles leurs établissements. Au début de l’été, le dossier de la terrasse de l’ITHQ avait également souligné que l’accessibilité universelle est encore loin d’être un principe appliqué universellement.

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