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Une rue Saint-Denis bien changée

Histoire
(photo : BAnQ/fonds numérique cartes postales)
(photo : BAnQ/fonds numérique cartes postales)

Quand la rue Saint-Denis était encore une rue résidentielle qui avait fière allure.

En ce matin ensoleillé, les écoliers prennent le tramway pour une sortie vers le centre-ville. Tout le monde est sur son 36 et l’encadrement semble bien pris en charge. Je ne sais pas toutefois si vous avez pu vous situer par rapport au carrefour ou cette photographie est prise?

(photo : BAnQ/fonds numérique cartes postales)

(photo : BAnQ/fonds numérique cartes postales)

Nous sommes tout près de la rue Duluth et le groupe se dirige vers le sud. J’avais vaguement l’impression de connaître ce secteur et les deux petites toitures en pavillon au centre de la photo (au-dessus du toit des tramways) m’ont guidé pour trouver la réponse.

Je savais que cela pouvait se trouver près de Duluth, mais les grands bâtiments résidentiels à droite ne me disaient rien. Une visite sur le moteur de recherche qui nous permet de nous promener en ville sans se fatiguer m’a permis de valider tout ça.

Par contre, quelle surprise de constater que ces beaux immeubles existaient toujours, mais dans quel état! La photo contemporaine nous indique que l’alcôve qui accueillait l’escalier des étages est maintenant close par une verrière et que la magnifique corniche de métal est maintenant disparue.

Les rez-de-chaussée sont maintenant transformés en locaux commerciaux, mais les travaux ont été lourds de conséquences.

(photo : Gabriel Deschambault)

(photo : Gabriel Deschambault)

Sous leurs airs anodins et bon enfant, les cartes postales et les photographies anciennes nous permettent malgré tout de comparer la transformation qui peut s’opérer dans un quartier. C’est quand même incroyable que ces trésors aient été altérés de cette façon. Bien sûr, une rue Saint-Denis commerciale est justifiée, mais elle aurait pu se transformer dans un meilleur respect de l’architecture du milieu.

J’ai déjà souligné dans cette chronique qu’il était possible d’aménager des espaces commerciaux tout en conservant les éléments principaux d’un édifice. Cela demande une certaine sensibilité et l’apport d’un architecte est habituellement gage de succès.

Quant à notre autre bâtiment, il est toujours fidèle au poste et a mieux conservé son allure d’origine. Les avant-corps ajoutés sont petits et sobres et ne détruisent pas trop l’allure générale. Ces deux bâtiments contigus sont l’œuvre de l’architecte Jean-Zéphirin Resther qui a produit de nombreux édifices dans le quartier (Sanctuaire du Saint-Sacrement, Pensionnat Saint-Basile maintenant Maison de la culture). Curieusement, des avant-corps apparaissent déjà pour ce bâtiment, sur un atlas de 1911. À examiner.

(photo : Gabriel Deschambault)

(photo : Gabriel Deschambault)

L’histoire ne dit pas si les enfants se sont bien amusés à leur sortie. On le souhaite, car les déplacements semblaient bien compliqués. Par contre, souvent c’est le déplacement en tramway qui est le clou de la journée.

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