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Il se fait beaucoup d’argent avec Airbnb sur le Plateau

Économie, Immobilier
Certains font beaucoup d’argent sur AirBnB. Souvent au détriment de la qualité de vie de leurs voisins. (carte tirée du site web de AirBnB)

Beaucoup de logements sont offerts sur la plateforme Airbnb sur le Plateau. En mai, on comptait plus de 3372 offres.

La plupart des nuitées étaient offertes entre 60 $ et 100 $. Le Plateau est considéré comme le troisième quartier le plus chaud à Montréal sur Airbnb, après le centre-ville et le Vieux-Montréal. Selon la société AirDNA (www.airdna.co), qui publie des rapports statistiques sur Airbnb, le Plateau comptait 3372 offres Airbnb en mai (derniers chiffres disponibles).

Des milliers de propriétaires montréalais profitent d’Airbnb pour arrondir leurs fins de mois ou, carrément, accélérer le remboursement de leur hypothèque. Une part croissante a transformé en hôtel leur logement, maison ou copropriété, légalement ou non. Ce qui inquiète les spécialistes en tourisme et les défenseurs des locataires. La plupart des hôtes québécois réalisent des revenus annuels de moins de 30 000 $ sur Airbnb. Par contre, certaines personnes vivent un conte de fées, car leur propriété est située dans un quartier chaud. Pendant la fin de semaine du Grand Prix, on a vu plusieurs logements du Plateau Mont-Royal affichés à 3000 $ par nuit, et un à 10 000 $ ! Mais si le logement est en périphérie des quartiers à la mode, les revenus peuvent être bien moindres, de l’ordre 30 $ à 50 $ par nuitée.

Pamplemousse.ca a obtenu quelques chiffres (convertis en dollars canadiens) de AirDNA pour l’arrondissement du Plateau Mont-Royal. Le taux d’occupation médian était de 55 % en mai. Le tarif moyen quotidien est d’environ 188 $ au cœur de l’été, peu importe le type de logement. En mai, il était de 81 $ pour un logement de une chambre et 127 $ pour un logement de deux chambres. Par comparaison, un logement du centre-ville de Montréal génère des revenus moyens par nuitée de 120 $ pour une chambre et 173 $ pour deux chambres.

AirDNA a dressé la liste des propriétés les plus « payantes » du quartier. Il s’agit de revenus annuels estimés pour des logements loués probablement à l’année. Nous en avons sélectionné quelques-uns :

Quelques propriétés dans le Plateau Mont-Royal
Chambre privée 167 074 $
Chambre, rue Esplanade, face à la Montagne 43 118 $
Chambre tranquille, Mile End 16 800 $
Studio, immeuble le Qube 42 425 $
Condo, 1 CàC rue Drolet, nord de Rachel 42 542 $
Loft, getto McGill, 1 chambre 39 150 $
Penthouse, Mile End, 1 chambre 38 144 $
Penthouse, 2 CàC rue Drolet, nord de Rachel 111 255 $
Maison, 2 CàC, rue Resther, métro Mt-Royal 64 552 $
Loft, 2 CàC, St-Dominique/des Pins 62 916 $
Duplex, 3 CàC, de l’Hôtel de Ville, N. de Roy 100 430 $
Penthouse, immeuble Platopolis, 3 CàC 93 203 $
Loft, St-Dominique/Duluth, 3 CàC 65 148 $
Source : www.airdna.co, mai 2017
Montants convertis en dollars canadiens

De nombreux spécialistes soupçonnent que la majorité des affichages Airbnb sont « illégaux », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas inscrits auprès des autorités fiscales ou touristiques. Concrètement, dès que vous louez une chambre ou votre logement, vous devez déclarer ces revenus à l’impôt, que ce soit pour une nuit ou à plein temps. Si vous le faites par Airbnb, vous devez obtenir une attestation de classification de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (citq.qc.ca, frais annuels d’environ 250 $). De plus, si vous réalisez des revenus annuels de plus de 30 000 $, vous devez vous inscrire auprès de Revenu Québec et percevoir la TPS et la TVQ. Vous devez aussi informer votre assureur. Sinon, en cas de sinistre, celui-ci pourrait refuser de plein droit de vous indemniser. Ce dernier peut annuler le contrat, augmenter vos primes ou votre franchise ou exiger un nombre maximal annuel de nuitées. D’autre part, AirBnB fait souvent la manchette pour tapage nocturne, déchets déposés au mauvais moment, vandalisme, vols, prostitution… Des cas de voisins excédés se multiplient à Montréal. Il n’est pas rare que certains résidents vivent un véritable calvaire.
Une propriété qui générerait des revenus de 150 $ par soir (qui abondent sur les cartes Airbnb, dans les quartiers à la mode), louée 60 % du temps, totaliserait des revenus de 32 400 $, donc un profit de 1200 $… avant impôt, taxes et autres frais. Louée quatre soirs par mois, elle dégage un revenu 7200 $ par année. Avec un taux hypothécaire de 5 %, l’économie sur cette somme représente 360 $ (1620 $ pour des revenus de 32 400 $).

Québec Solidaire a d’ailleurs déposé un projet de loi qui forcerait Airbnb à communiquer au fisc tous les renseignements liés aux transactions, à percevoir les taxes, à limiter le nombre de permis Airbnb à un par personne ainsi que le nombre de nuitées par logement à moins de 61 jours par année sans devoir se procurer d’attestation de classification. Car Airbnb provoque une baisse de l’offre de logements locatifs à long terme partout dans le monde, y compris au Québec. Des groupes communautaires du Plateau et de La Petite-Patrie réclament carrément d’interdire AirBnB sur leur territoire.

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