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À la banque, le profit passe avant vous, dénonce Fabien Major

Économie
Fabien Major multiplie les données et les chiffres pour confirmer que la cupidité des banquiers affecte directement les finances personnelles de leurs clients. (Photo: Facebook)

Fabien Major lançait hier son livre au titre évocateur : « Petits secrets et gros mensonges de votre banquier ».

On aime détester les banques. On se doute depuis longtemps que notre banquier se préoccupe davantage de son bilan financier que du nôtre. Mais on n’avait pas vraiment de preuves pour étayer nos arguments. Ce sont ces informations que Fabien Major a dénichées pour épicer un livre qui ne donne pas dans la dentelle. « Les banques font passer leurs bénéfices avant vos intérêts. Et ça a un impact direct sur nos finances personnelles. C’est inacceptable. J’ai écrit ce livre pour que le public en prenne pleinement conscience, pour changer les perceptions et les certitudes face aux institutions financières », a-t-il confié à Pamplemousse.ca.

Major offre un regard de l’intérieur, puisqu’il œuvre au sein de l’industrie des services financiers. Il décortique la façon dont les banques s’y prennent pour recruter, conserver et… plumer leurs clients. Il puise des exemples et des données qui remontent parfois à très loin dans le temps. Il explique comment les banques s’y prennent pour mousser leurs profits en ajustant leur marketing et leurs tarifs. Il donne l’exemple des pénalités hypothécaires : les banquiers exploitent l’insécurité de leurs clients en moussant les hypothèques sur cinq ans, sachant fort bien qu’une très grande part de leurs clients vont se séparer ou divorcer avant cette échéance, forçant la revente de leur propriété et l’annulation de l’hypothèque. Ce qui entraîne l’application d’une importante pénalité, une source importante de profit pour les banques.

L’auteur, qui est aussi chroniqueur pour ce journal, explique comment les banques s’y prennent pour rouler leurs clients dans la farine en multipliant les frais, notamment ceux des guichets automatiques ou de conversion de devises. Additionnés, ces frais constituent une véritable poule aux œufs d’or pour les banquiers. À une époque où il est possible de virer des fortunes instantanément à l’autre bout du monde, il se demande, par exemple, comment se fait-il que les banques gèlent des chèques jusqu’à une semaine. Parce qu’ils en profitent pour faire des dollars supplémentaires avec cet argent, votre argent.

Major explique aussi comment les banquiers exercent des pressions sur leur personnel pour vendre des produits maison de placement et d’assurance, même si ceux-ci sont souvent médiocres. Et il ne se gêne pas pour critiquer le Mouvement Desjardins, qui ne fait pas mieux que les autres institutions financières à ce chapitre.

Pour Fabien Major, les banquiers ne reculent devant rien pour maximiser leur rendement. Surtout lorsqu’il faut aider les riches, le fameux 1 %, à planquer leurs avoirs dans les paradis fiscaux à l’aide de stratégies toujours plus sophistiquées. Il cite plusieurs personnalités qui ne ménagent pas leurs propres critiques des banquiers, comme Warren Buffett et Bill Gates. Ce dernier aurait d’ailleurs affirmé que « les services bancaires sont essentiels, pas les banques. » Il applaudit l’arrivée des fintech, ces sociétés financières sur Internet, comme PayPal, qui ébranlent les colonnes du temple bancaire.

Guide pratique

Le conseiller financier ne se limite pas à la critique. Il explique pourquoi la cupidité des banquiers a un effet direct sur les finances personnelles de leurs clients. Et il offre des clés pour ne pas se faire avoir par une machine qui est passée maître dans l’art de déjouer nos défenses. Il explique aussi à quel point les banquiers jouent sur notre ignorance et notre indolence collective et personnelle envers les questions d’argent, à quel point les financiers s’enrichissent parce que nous ne prenons pas assez au sérieux les questions d’argent. Il offre enfin plusieurs outils pour reprendre nos finances personnelles en main. Certains sont des conseils et des trucs pratiques, d’autres des technologies ou des outils simples, offerts en ligne et même dans le prolongement du livre sur le web. Il explique qu’il existe des professionnels indépendants dans l’industrie des services financiers qui, contrairement aux banquiers, font passer les intérêts de leurs clients en premier. Et il donne des clés pour les dénicher.

Fabien Major a confié que, plus jeune, « j’étais braillard et chialeux. Intriguée, ma mère m’a traîné chez le médecin, qui a constaté que j’étais un « émotif ». Je l’avais très mal pris. Mais, avec les années, j’ai appris que c’était non pas un défaut, mais une qualité. Qu’il fallait exprimer et utiliser ses émotions pour faire le bien. »

« Les gens travaillent très fort pour joindre les deux bouts et accumuler de l’épargne pour réaliser leurs rêves et leurs projets de retraite, reprend-il. Par mon travail, je suis un peu le gardien de leur patrimoine. Pour moi, c’est une mission. J’ai un rôle de protecteur. Mes clients me font confiance et je les remercie. Mais je constate que certains ont étouffé leur sens émotif pour gagner quelques dollars supplémentaires. Ça m’écœure. Dans ce bouquin, je vous le dis et j’explique comment ils s’y prennent. Et, surtout, comment s’en défendre. »

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