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Petit cours d’architecture 101

Histoire
(photo : blogue Réno, Boulot, Dodo)
(photo : blogue Réno, Boulot, Dodo)

Voici votre premier cours de construction ancienne. Il vous préparera à mieux connaître les vieux murs de vos intérieurs.

D’ailleurs, pour ceux qui pourraient être intéressés, soyez avisés que je donnerai une conférence le 26 octobre prochain à la bibliothèque du Plateau Mont-Royal. Intitulée « Histoire de l’architecture du Plateau » cette présentation visuelle brossera un tableau simple de ce qui compose l’architecture actuelle du quartier. Elle est présentée dans le cadre du programme de conférences de la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal. Entrée libre.

(photo : blogue Réno, Boulot, Dodo)

(photo : blogue Réno, Boulot, Dodo)

Nous commençons ce cours avec la description de la composition des murs de votre logis. Si vous demeurez sur le Plateau, il est plus que probable que vos murs soient composés comme celui-ci, comme la majeure partie du territoire du quartier date de près d’un siècle. C’était la façon de construire les murs à cette époque.

Les colombages métalliques, les panneaux de gypse, les 2×4 n’existent pas encore. Pas plus que les boîtes électriques ou les fils gainés de plastique. Les résidences sont éclairées au gaz et les cloisons cachent plusieurs petits tuyaux de fer, filetés, qui sont branchés au réseau de gaz.

Le conférencier doit donc ici une explication puisque ce mur éventré nous montre du câblage électrique et des boîtes métalliques.

Nous y reviendrons plus loin!

(photo : blogue Réno, Boulot, Dodo)

(photo : blogue Réno, Boulot, Dodo)

Voici donc les éléments composant des murs de votre maison : des colombages de bois de 4x4pouces, de la latte de bois, et un enduit de plâtre. Le « lattage » est composé de fines lames de bois brut (de la pruche ou de l’épinette) de dimensions d’environ 1 cm x 3,5 cm. Ces lames sont clouées sur les colombages par les « latteurs ». L’histoire raconte que le latteurs rangent les petits clous dans leur bouche et ils les y pigent au fur et à mesure. Les lattes sont clouées en laissant un espace d’environ 1 cm entre chacune d’elles.

Ensuite arrive l’apprenti plâtrier qui vient faire le « rough » avec son ciment un peu coulant qu’il presse au travers des lattes afin de le faire « dégouliner » de l’autre côté. Ce faisant, ces « bavures », en séchant, forment des « clefs » qui assurent que cette base de crépi sera solidaire avec la paroi des lattes. Nous avons maintenant la base du mur de plâtre sur laquelle le plâtrier viendra appliquer son fini.

Afin d’assurer la solidité des clefs de plâtre, on ajoutait au mélange des poils de cheval qui assuraient un liant offrant une solidité à l’ouvrage. Par la suite on ajouta des fibres d’amiante, qui visaient le même objectif.

Ensuite, le « plus vieux plâtrier » venait lisser sa couche de finition de plâtre de Paris par-dessus cette base. Voilà! Le mur est terminé et il ne reste qu’à le peindre.

Mais qu’en est-il de nos boîtes électriques dans la photo qui ouvre cette chronique ? En fait cela est simple, car les électriciens « modernes » ont développé des habiletés afin d’installer l’électricité dans ces vieux logis. Ils vont apprendre à « fisher » les fils électriques au travers des murs et planchers, à l’aide de longues broches semi-rigides qu’ils glissent dans les entre-planchers ou dans les murs et qui permettent l’installation des fils électriques en les tirant dans les espaces clos. En fait, les électriciens trop modernes n’ont pas ce « tour de main » qui permet de faire ce travail.

Ce n’est pas plus compliqué que ça (en fait, d’une certaine façon).

Évidemment, l’invention des feuilles de gypse de 4 x 8 pieds aura permis d’être plus efficace et rapide dans le cloisonnement des logis, mais ces vieux murs avaient des qualités acoustiques qui n’ont pas été prises en charge par la technologie du gyproc.

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