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Le 3725 St-Denis à la croisée des chemins

Immobilier
Une cinquantaine de personnes ont participé, jeudi soir (12 octobre), à une assemblée publique organisée par le Comité logement du Plateau-Mont-Royal (CLPMR) sur l’avenir du bâtiment situé au 3725 Saint-Denis… et son passé. (photo : Simon Van Vliet)

Deux ans après l’annonce d’une éventuelle mise en vente de l’ancien immeuble de l’Institut des Sourdes-Muettes, la communauté fait le point.

Une cinquantaine de personnes ont participé, jeudi soir (12 octobre), à une assemblée publique organisée par le Comité logement du Plateau-Mont-Royal (CLPMR) sur l’avenir du bâtiment situé au 3725 Saint-Denis… et son passé.

Près de 150 ans d’histoire

Laissé pratiquement vacant depuis l’abolition de l’Agence de la santé et des services sociaux en 2015, l’imposant bâtiment est un témoin historique important, explique le vice-président de la Société d’histoire du Plateau, Kevin Cohalan.

Fondé au milieu du 19e siècle par les Sœurs de la Providence d’Émilie Gamelin, l’Institut des Sourdes-Muettes a occupé les terrains et bâtiments du 3725 Saint-Denis de 1864 à 1978.

Au tournant du 20e siècle, l’institution est devenue « une œuvre d’envergure internationale », rappelle Kevin Cohalan qui souligne que ce petit village de 850 personnes s’est rapidement retrouvé « en plein cœur du quartier de l’élite Canadienne française » qui a longtemps fait bénéficier l’œuvre religieuse de ses largesses. L’immense terrain a d’ailleurs été légué aux sœurs par la riche famille Cherrier qui également a donné son nom à la rue adjacente au sud.

Une valeur patrimoniale à préserver

Également présent à l’assemblée, l’architecte Ron Rayside, qui a produit une étude préliminaire sur le potentiel de réaffectation du site, souligne que le bâtiment présente une signature architecturale en H, typique des grands ensembles religieux du 19e siècle. Même s’il n’a pas l’ampleur de l’Hôtel-Dieu, le complexe du 3725 Saint-Denis présente, en plus de sa « grande valeur historique », une valeur paysagère et sociale à mettre en valeur estime l’architecte.

Il déplore qu’en dépit du statut d’immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle dont jouit l’Institut des Sourdes-muettes à l’échelle municipale, le ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) ait refusé à deux reprises de classer le bâtiment qui est pourtant l’un des derniers grands ensembles architecturaux situés dans le secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle reconnu à la rue Saint-Denis par la Ville de Montréal.

Un consensus sur la vocation

Propriété du gouvernement du Québec géré par la Société des infrastructures du Québec, les terrains et bâtiments sont ciblés pour y développer du logement social. Organisatrice communautaire au CLPMR, Vicky Langevin rappelle qu’un large consensus existe dans le milieu sur l’importance pour le site de « garder une forme publique et sociale ».

Peu de temps après l’annonce de la vente, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal avait demandé au MCCQ de procéder au classement patrimonial et avait mandaté ses services pour préparer une étude en vue de produire un énoncé d’intérêt patrimonial sur le site et les bâtiments. Au début de l’année, l’arrondissement a réitéré que le zonage institutionnel du site serait maintenu en cas de vente.

À lire lundi : Quel avenir pour l’Institut de Sourdes-Muettes?

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