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Quel avenir pour l’Institut de Sourdes-Muettes?

Immobilier
Cet été, le Programme régional d’aide et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) a établi un centre de traitement temporaire À l’heure actuelle, dans une partie des locaux vacants de l’immeuble qui totalise quelque 27 000 mètres carrés de superficie. (photo d’archives : Simon Van Vliet)

Malgré un large consensus sur le potentiel de réaffectation de l’ancien Institut des Sourdes-Muettes, l’avenir du site reste incertain.

Une assemblée publique organisée le 12 octobre dernier par le Comité logement du Plateau Mont-Royal a été l’occasion de faire le point sur la situation actuelle et de se projeter dans un avenir où le site serait reconverti en pôle d’habitation et de services communautaires.

Vente ou maintien dans le domaine public : le flou persiste

Depuis l’annonce de la mise en vente éventuelle du terrain et des bâtiments situés au 3725 Saint-Denis, la Société des infrastructures du Québec (SIQ), qui gère les immeubles gouvernementaux, n’a pas indiqué quand ni comment le ministère de la Santé et des Services sociaux entend se départir de l’immeuble devenu excédentaire depuis la dissolution de l’Agence de la santé et des services sociaux en 2015.

« Toutes les options sont encore sur la table », explique Marc Guimond, chargé de développement à l’Atelier Habitation Montréal. Selon les informations qu’il a obtenues de la SIQ, rien n’a été décidé et aucun échéancier pour la mise en vente de l’immeuble n’a été fixé.

À l’heure actuelle, une grande partie de l’édifice de 27 000 mètres carrés est vacant. Cet été, le Programme régional d’aide et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) y a établi un centre de traitement temporaire pour faire face à une importante augmentation des arrivées de migrants en provenance des États-Unis. L’Institut Raymond-Dewar occupe encore l’un des pavillons, mais doit être relocalisé l’an prochain, alors que le CPE La Fontaine a renouvelé l’an dernier un bail de 5 ans avec option de renouvellement jusqu’en 2026.

Un potentiel à saisir

Outre l’enjeu de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine et de la vocation institutionnelle du site, l’immeuble présente un fort potentiel de réaffectation, estime l’architecte Ron Rayside. À titre indicatif, il explique que la superficie actuelle des divers pavillons permettrait d’accueillir plus de 350 unités de logement.

C’est sans compter les quelque 20 000 mètres carrés de superficie non bâtie, principalement occupée par des stationnements. Cet « océan de stationnement » pourrait faire l’objet d’un important travail de verdissement en plus d’héberger de nouveaux pavillons destinés à de l’habitation abordable ou à des services communautaires.

En attendant une réaffectation permanente, le bâtiment et les terrains pourraient faire l’objet d’usages transitoires, souligne Ron Rayside qui rappelle que l’occupation, même temporaire, demeure la meilleure manière de protéger le patrimoine bâti.

« Les besoins sont énormes pour les groupes communautaires dans le quartier », souligne Marc Guimond qui rappelle que, comme pour les ménages locataires, il est extrêmement difficile pour les organismes de se relocaliser sur le Plateau, où les coûts de location explosent.

Une question de volonté politique

Bien que les coûts d’un éventuel projet de réaffectation restent à établir en fonction des besoins ciblés par le milieu, les terrains et bâtiments de l’ancien Institut des Sourdes-Muettes pourraient devenir un pôle de vie de quartier comparable à celui envisagé pour la Communauté Saint-Urbain dans les locaux de l’Hôtel-Dieu qui seront désaffectés d’ici 2021.

« C’est vraiment une question de volonté politique », tranche Cloé Fortin, organisatrice communautaire au CLPMR. Elle cite l’exemple de l’ancien hôpital Bellechasse dans Rosemont qui a été converti en un complexe de 91 logements abordables en 2010.

Sa collègue Vicky Langevin ajoute : « La communauté sourde est très attachée au site. C’est leur histoire et leur patrimoine! Après la vente du 7400 St-Laurent à un promoteur immobilier, la communauté est toujours amère face aux condos de luxe qui ce sont construit dans l’ancien Institut des Sourds. Avec raison! On ne veut pas d’un deuxième 7400! »

Bien représentée dans l’assistance de l’assemblée, interprétée en langue de signes québécoise, la communauté sourde fait valoir de grands besoins en matière de logements sociaux et d’organisme communautaire, souligne Vicky Langevin.

Les propositions émanant de l’assemblée seront rassemblées prochainement dans un document synthèse. Le CLPMR organisera par la suite une assemblée de mobilisation le 29 novembre pour élaborer un plan d’action afin d’obtenir l’assurance que le 3725 Saint-Denis ne sera pas vendu au plus offrant.

Lire aussi : Le 3725 St-Denis à la croisée de chemins

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