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Un chemin de fer incliné dans le Plateau!

Histoire
Funiculaire au-dessus du chemin Olmsted
La deuxième section du trajet du funiculaire circule au-dessus du chemin Olmsted. Un escalier permettait également aux promeneurs de revenir à pied. (Photo: Archives de la Ville de Montréal )

Notre chroniqueur historique est en vacances! Idée de ne pas vous laisser sans votre dose hebdomadaire d’histoire du Plateau, nous vous proposons quelques-unes de ses meilleures histoires en reprise.

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Le Plateau Mont-Royal a toujours recelé des secrets ou offert des activités uniques.  Retour sur l’ancien funiculaire, construit en 1885.

Pendant longtemps, l’accès au sommet du mont Royal ne peut se faire qu’à pied, en empruntant le chemin Olmsted qui serpente sur la montagne depuis les entrées de la rue Rachel et DeBleury; ou par celle de la rue Peel et de l’avenue des Pins.  Le chemin est nommé en honneur de Frederick Law Olmsted, l’architecte paysagiste qui traçe les plans de ce magnifique parc montréalais en 1876.  La partie est du parc déborde alors sur le territoire du Plateau et englobe l’actuel parc Jeanne-Mance.

Les gens font la promenade à pied ou grimpent en calèche jusqu’au sommet.  Olmsted a imaginé un concept où il offre, au fil de la promenade, divers paysages comme les clairières, boisés, vallées, afin d’agrémenter la randonnée dans le parc et faire ressentir diverses émotions au promeneur.  On est, à ce moment, bien loin de la ville enfumée et turbulente.

L’engouement des montréalais pour le mont Royal est tel qu’en 1885, on construit un funiculaire qui amène les gens à un observatoire qui permet de voir tout l’est de Montréal et d’embrasser du regard toute cette belle petite ville de Saint-Jean-Baptiste et une partie du centre-ville.

Le trajet se divise en deux parties; une qui origine de la rue De Bleury et Duluth, où le visiteur emprunte un premier wagon qui l’emporte sur une voie plutôt horizontale, jusqu’au pied du funiculaire proprement dit.  Le promeneur change alors de «véhicule» et monte dans une cabine à plusieurs niveaux qui grimpe sur des rails à crémaillère jusqu’à l’observatoire.  Le tout est opéré à vapeur et chaque wagon se déplace en synchronisme avec l’autre; celui qui descend entraînant par son poids celui qui monte.  Cette «attraction» est très populaire et permet aux montréalais d’amorcer leur histoire d’amour avec la montagne.  On aime aller sur la montagne pour fuir l’air pollué de la ville, mais surtout pour admirer le panorama de la métropole.  C’est encore le seul endroit pour ce faire, puisque ce n’est qu’en 1906 que la terrasse du grand chalet de la montagne sera aménagée.

En 1918, on se résigne finalement à fermer le funiculaire car la structure est devenue dangereuse.  Il sera démoli en 1920, mais le promeneur attentif peut encore voir quelques vestiges de la structure sur les pentes du mont Royal.

Après sa démolition, ce n’est qu’en 1924 (depuis la Côte-des-Neiges) et en 1930 (depuis l’avenue du Parc) que les montréalais peuvent emprunter le tramway pour grimper à nouveau sur la montagne, sans trop d’efforts.

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Très belle carte postale ancienne colorisée montrant la première section horizontale du trajet du funiculaire. On aperçoit aussi les deux cabines ainsi que la plate-forme d’observation. (Image: BANQ)

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Panorama vers le Plateau Mont-Royal depuis la plate-forme d’observation du funiculaire. On voit l’immense dôme de la deuxième église Saint-Jean-Baptiste sur la rue Rachel. (Photo: BANQ)

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La gare du «Incline Railway» qui vous invite au voyage pour 8 sous seulement. On voit à l’arrière plan le dôme de la chapelle de l’Hôtel-Dieu. (Photo: BANQ)

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