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Les commerces de coin de rue

Histoire
Magasin Robert & Cie
Avant même qu’on invente le concept de la vente trottoir, M. Robert n’hésite pas à faire étalage de sa marchandise sur le coin de la rue. (Coll. BANQ – La Patrie)

Notre chroniqueur historique est en vacances! Idée de ne pas vous laisser sans votre dose hebdomadaire d’histoire du Plateau, nous vous proposons quelques-unes de ses meilleures histoires en reprise.

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Vous déménagez?  Vous avez besoin de nouveaux meubles?  Passez-donc chez Robert & Cie !

La photo qui accompagne cet article date du début des années 1900; elle nous montre le commerce de M. Robert & cie, où vous pouvez vous procurez tous les items nécessaires à un intérieur dernier cri et à une cuisine fonctionnelle.

Situé à l’angle sud-est de l’avenue du Mont-Royal et de la rue Boyer, on y annonce en vitrine des « furnaces and ranges »; dont un magnifique « deux-ponts » dans la vitrine de la rue Boyer. D’ailleurs, avant même qu’on invente le concept de la vente trottoir, M. Robert n’hésite pas à faire étalage de sa marchandise sur le coin de la rue. Ainsi, la ménagère avisée peut choisir le modèle de laveuse « à bras » qui fera son bonheur. C’est le principe de la baratte à beurre et c’est en activant un levier que l’on fait tourner un batteur rudimentaire qui brasse le linge (d’où l’expression faire une brassée). Comme vous voyez, on n’est pas encore rendu à …« ouvre la porte, mets le linge dedans, pèse su’l piton ». C’est également sans compter qu’il faut aussi faire bouillir l’eau sur le poêle, la verser dans la laveuse, la retirer à la fin, rincer, etc. Des heures de plaisir.

Pour les plus jeunes, il faut rappeler que l’électricité n’est pas encore arrivée dans les demeures du Plateau, qui s’éclairent encore au gaz; ni dans les cuisines, où les laveuses sont actionnées par l’huile de bras des «ménagères».

Vous remarquerez également en regardant les constructions qu’il s’agit d’un bâti principalement résidentiel, avec un recul par rapport au trottoir de Mont-Royal. Il faut dire que cette section de l’Avenue du Mont-Royal était à l’origine surtout composée de bâtiments résidentiels et c’est avec le temps, que les rez-de-chaussée commerciaux, à l’alignement du trottoir, se sont développés (côté nord à l’est de Saint-André et côté sud, à l’est de Christophe-Colomb). Vous pouvez toujours très bien le vérifier angle Saint-André et aussi en face de l’église. Lorsque l’on marche sur les trottoirs de Mont-Royal nous ne sommes pas conscients de ça, mais il suffit de lever les yeux pour constater cette situation. Au fur et à mesure du développement de la rue vers l’est, la situation s’est corrigée et les bâtiments se sont alors implantés en bordure du trottoir.

Par contre (pour ne pas dire malheureusement) on n’arrête pas le progrès et à la fin des années 1950 ces maisons furent démolies pour laisser place à une nouvelle construction. Nous sommes alors en pleine guerre des marchés d’alimentation, avec Steinberg’s qui vient d’en inventer le concept et qui s’installe agressivement en ville à gauche et à droite. La compagnie ontarienne Dominion Stores s’implante donc elle aussi sur Mont-Royal angle Boyer.

Nous voici donc avec un supermarché ultramoderne et cette situation inquiète (avec raison) les multiples petits épiciers qui jusqu’alors fournissaient le voisinage. Ceux-ci disparaissent peu à peu, incapables de rivaliser avec ces colosses.

Plus tard, la bannière Dominion sera absorbée par celle de Provigo (1983); qui elle-même, sera à son tour absorbée par Loblaw’s (1998). Toute cette acrobatie corporative laissera malgré tout place à une certaine expérimentation dans le domaine alimentaire. La bannière Intermarché profitera afin de se démarquer et nous offrir des supermarchés locaux (de proximité) plus conviviaux et personnalisés; s’ajustant aux souhaits de la clientèle de leur lieu d’accueil.

Dominion

Source : BAnQ / Fonds O.Allard

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