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Conservatoire de musique : 75 ans d’orfèvrerie musicale

Culture, Éducation
Rénové après un incendie majeur en 2005, l'édifice situé au 4750 Henri-Julien abrite le Conservatoire de musique de Montréal, le Conservatoire d'art dramatique et l'École nationale d'administration publique.
Rénové après un incendie majeur en 2005, l’édifice situé au 4750 Henri-Julien abrite le Conservatoire de musique de Montréal, le Conservatoire d’art dramatique et l’École nationale d’administration publique. (photo : Simon Van Vliet)

Fondé par le premier grand maître Québécois de la musique classique, Wilfrid Pelletier, le Conservatoire de musique est enraciné au cœur du Plateau.

Si le Conservatoire a voyagé depuis la création de l’institution en 1942 dans l’édifice de l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, l’installation du conservatoire dans ses locaux actuels, situés au 4750 Henri-Julien, en 2001 a été en quelque sorte un retour aux sources.

Rénové après un incendie majeur de ses locaux en 2005, le Conservatoire de musique de Montréal est équipé d’une salle de concert de 225 places, d’une salle de récital de 100 places, de 85 studios d’enseignement et de pratique de la musique et d’un studio multimédia. Il héberge également plusieurs artistes en résidence dont l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+), l’ensemble de musique de chambre Pentaèdre, le Quatuor Molinari ainsi que le Trio Hochelaga, qui compte parmi ses membres le pianiste de renommée internationale Charles Richard-Hamelin.

Le legs de Wilfrid Pelletier

En effet, c’est le chef d’orchestre Wilfrid Pelletier, premier directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) qui s’est produit pendant 30 ans dans l’auditorium de l’école Le Plateau située au cœur du Parc La Fontaine, qui a fondé et dirigé le Conservatoire de 1942 à 1961.

« Il nous a légué quelque chose de phénoménal », lance la directrice actuelle de l’institution, Manon Lafrance, qui se présente comme étant elle-même « un pur produit du conservatoire ». La trompettiste explique avoir commencé ses études de musique au Conservatoire à l’âge de 13 ans avant de mener une carrière internationale comme musicienne d’ensemble et comme soliste.

Formée par le trompettiste Jean-Louis Chatel, lui-même issu de la première génération de maîtres québécois sortis de l’école de Wilfrid Pelletier, Manon Lafrance a joué sur les plus grandes scènes du monde avant de devenir à son tour professeure de trompette au Conservatoire de musique de Montréal.

La cadence parfaite

« C’est extraordinaire de voir qu’à l’international, il y a autant d’élèves du conservatoire » qui se démarquent, observe celle qui assume depuis 5 ans la direction de la vénérable institution. Elle cite l’exemple du chef Yannick Nézet-Séguin, lui aussi un produit du Conservatoire, qui a été nommé l’an dernier directeur musical du Metropolitan Opera de New York (le MET).

Il s’agit là d’un curieux retour de l’histoire, car Wilfrid Pelletier était directeur du répertoire français au MET avant de revenir à Montréal pour prendre la direction du tout nouvel Orchestre symphonique de Montréal en 1934.

Fondé quelques années plus tard, le Conservatoire de musique de Montréal allait devenir la pierre d’assise du développement de la culture au Québec. Il s’agit en fait de « la première institution culturelle » mise sur pied par le gouvernement libéral d’Adélard Godbout, souligne Manon Lafrance. Elle ajoute que le modèle du conservatoire, avec son « continuum d’études » qui va du primaire à la maîtrise, est unique en Amérique du Nord.

Trois quarts de siècle et encore à l’avant-garde

Toujours soucieux de favoriser le développement de la discipline, le conservatoire de musique de Montréal a mis sur pied récemment l’Académie du conservatoire qui offre des cours individuels d’instrument ouverts à tous et à toutes sans audition.

« C’est un projet-pilote que l’on fait pour nos élèves avancés », explique la directrice du Conservatoire. Car si le taux de placement des élèves du Conservatoire dans les orchestres professionnels du Québec et du monde entier est élevé, l’enseignement demeure une voie d’appoint pour les musiciens et musiciennes qui ne parviennent pas à décrocher un poste dès la sortie de l’école.

Le coup d’envoi des célébrations du 75e anniversaire du Conservatoire sera donné le 12 octobre avec le Titan de Mahler, sous la direction du chef prodigue Jean-Marie Zeitouni, à la Maison symphonique de Montréal. Une programmation festive qui inclut une série de concerts et de répétitions publiques de l’Orchestre symphonique du Conservatoire et d’autres activités sont également prévues dans les locaux du conservatoire.

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