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Élections : Michel Brûlé demande des comptes

Politique
Déçu de voir que sa campagne n’est pas prise au sérieux, Michel Brûlé assure qu’il représente une véritable alternative au maire sortant. (photo de courtoisie fournie par Michel Brûlé)

Michel Brûlé, le chef du parti Plateau Sans Frontières, veut avoir l’heure juste concernant les dépenses de l’arrondissement.

Reprenant le thème central de sa campagne, l’éditeur dénonce « une opacité incroyable » de la part de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal qui tarde à donner suite à une demande d’accès à l’information pour obtenir des états financiers détaillés.

Des comptes à rendre

Le rapport sur la situation financière déposé la semaine dernière présente un sommaire des revenus, des dépenses et des immobilisations de l’arrondissement, mais pas le détail des charges que souhaite obtenir Michel Brûlé.

Bien que la présentation du budget 2017, fasse état de certains postes de dépense prévues, les états financiers détaillés demeurent la meilleure manière de savoir comment ont été dépensés les quelque 63 millions de dollars qui composent le budget annuel de l’arrondissement selon l’aspirant maire qui promet pour sa part de rendre public le détail des dépenses de l’arrondissement.

Une étude de la liste des contrats de 25 000 $ et plus, que l’arrondissement est tenu de rendre publique, soulève bien des questions aux yeux de Michel Brûlé qui juge certains des contrats « assez suspects, merci ». Il pointe notamment du doigt le contrat d’impression des bulletins d’arrondissement, d’une valeur de plus de 30 000 $, dont l’attribution n’a fait l’objet d’aucune résolution du conseil d’arrondissement.

C’est le cas d’une cinquantaine de contrats, d’une valeur allant de quelque 2 500 $ à plus de 260 000 $, qui ont été attribués par des fonctionnaires municipaux en vertu du règlement sur la délégation de pouvoirs. Le chargé de communication à l’arrondissement de Plateau Mont-Royal, Michel Tanguay, explique que, s’ils ne sont pas soumis à l’approbation du conseil, ces contrats et le détail des dépenses de fonction des employés et fonctionnaires de l’arrondissement apparaissent dans les rapports de délégation de pouvoir déposés à chaque mois au conseil.

Affiches enlevées et pancartes vandalisées

Malgré le démenti formel de la part de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, l’aspirant maire maintient que le retrait de ses affiches électorales est le fait d’une directive du maire sortant.

« Je vais porter plainte à Élections Montréal », assure Michel Brûlé qui estime qu’il s’agit là d’une manœuvre déloyale pour nuire à sa campagne.

Les pancartes électorales de Projet Montréal font également l’objet de vandalisme. Certaines sources avancent qu’ils s’agirait d’une campagne organisée : signés avec le peu subtile mot-clic #F*ckYouFerrandez, les autocollants avec des messages haineux apposés sur les yeux des candidats sont impossibles à retirer sans abimer les affiches.

Vers un retour de l’opposition?

Déçu de voir que sa campagne n’est pas prise au sérieux, Michel Brûlé assure qu’il représente une véritable alternative au maire sortant dont il fustige le tempérament autoritaire et intransigeant.

« Il y a des années que je m’oppose à eux », explique pour sa part le candidat au poste de conseiller d’arrondissement de Coalition Montréal dans le district Jeanne-Mance, Terrance Regan. L’ancien directeur de l’Association récréative Milton-Parc abonde dans le même sens que Michel Brûlé en qualifiant à l’administration Ferrandez d’« arrogante ». Lors du conseil d’arrondissement de septembre, le résident du secteur Milton-Parc a accusé l’administration en place de gaspiller les fonds publics sur des projets déconnectés des besoins locaux.

Il estime que l’arrivée au pouvoir de Projet Montréal en 2009 était le fait d’un « vote de protestation » contre l’administration Tremblay et que la réélection de l’équipe de Luc Ferrandez, en 2013, a été facilité par une forte division du vote entre les quatre formations politiques en lice à l’époque. Il n’exclut pas qu’un vote de protestation contre Projet Montréal puisse briser l’hégémonie politique de la formation qui tient les rênes du pouvoir sur le Plateau depuis huit ans.

Sa collègue Deborah Rankins qui brigue le poste de conseillère de ville dans Jeanne-Mance explique pour sa part que « l’approche pragmatique et collégiale », sans ligne de parti, mise de l’avant par Coalition Montréal pourrait rallier les électeurs et les électrices insatisfaits de l’approche plus partisane de Projet Montréal dont les débats sont, sauf rare exception, tenus à l’interne.

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