Publicité

L’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End est aux anges

Histoire
Anges de l'église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End
Vendredi dernier, les anges sont revenus sur la façade de l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End. (Photo: Gabriel Deschambault)

Notre chroniqueur historique est en vacances! Idée de ne pas vous laisser sans votre dose hebdomadaire d’histoire du Plateau, nous vous proposons quelques-unes de ses meilleures histoires en reprise.

Cette semaine, on revient sur la première de toutes, publiée le 15 juin 2015.

***

Ce vendredi 12 juin 2015, les anges sont revenus à l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End.  Cette église, la première construite sur le Plateau, est aussi l’église de la paroisse-mère de toutes les autres du quartier. Elle a été bâtie en 1858 selon les plans de l’architecte Victor Bourgeau. Monseigneur Ignace Bourget, deuxième archevêque de Montréal, décide de la création de cette paroisse à la suite des requêtes des résidants de Coteau Saint-Louis, qui commencent à trouver loin de devoir se rendre à l’église Notre-Dame afin de recevoir les sacrements importants.

Cette première église de Bourgeau sera modifiée en 1902 par l’architecte Joseph Venne qui viendra y ajouter une nouvelle façade.

Sur la photographie qui suit ce texte, provenant des archives des Clercs Saint-Viateur, qui avaient charge de cette paroisse, ont peut voir un état des lieux inédit. En effet, de gauche à droite, on aperçoit «l’institution catholique des sourds-muets de la province de Québec», créée par les Clercs Saint-Viateur autour des années 1855. Cette institution sera à l’origine de toute l’intervention sociale autour de l’enseignement et la recherche concernant la réalité des sourds-muets au Québec.

La photo est postérieure à 1902, année où la façade de l’église fut refaite, et antérieure à 1913, année où le bâtiment de la Providence du Saint-Enfant-Jésus (à droite de l’église) fut exhaussé. On le voit ici dans son état d’origine avec son toit à deux versants.

La photographie nous permet surtout de voir l’aménagement original du parc Lahaie. Ce parc fut nommé en 1910, en l’honneur du premier curé de la paroisse, le père Taraise Thomas Lahaie. Ce parc met également en valeur l’église, en lui offrant le recul nécessaire afin d’en apprécier l’extraordinaire façade. On note que certains arbres bordant l’axe principal datent de plusieurs années et cela. Notons aussi qu’il y peu, l’arrondissement a transformée en allée piétonne la rue Saint-Dominique, devant le parvis de l’église.

Mais revenons à notre sujet du jour, celui du retour des anges.

Notre ami Venne propose donc, en 1902, une façade assez exubérante, qui comporte également l’ajout de deux groupes sculpturaux qui seront installés de part et d’autre du clocher.  Le contrat est fait auprès d’Olindo Gratton, un sculpteur connu pour son apport au décor de plusieurs églises. Il est entre autres responsable des sculptures qui ornent la façade de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde sur le boulevard René-Lévesque. Les sculptures sont complétées en 1907 et installées sur la façade.

La technique utilisée est fort courante à l’époque et consiste pour le sculpteur à réaliser son œuvre en bois et de la recouvrir par la suite de feuilles de cuivre qui seront forcées sur le modèle de bois et soudées entre elles. Évidemment, les intempéries, le vent, finiront par avoir raison de certaines soudures et le cœur en bois des statues se détériore. En 1978, étant donné leur mauvais état, l’archevêché décide de retirer les statues et de les entreposer. En 2009, Kevin Cohalan, de la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal, propose le projet de restaurer les deux groupes de sculptures et entreprends les démarches afin d’amasser les fonds et d’intéresser divers organismes au projet. En janvier 2010, les sculptures ont été transportées au Centre de conservation du Québec pour être restaurées. Vendredi, elles étaient donc de retour au bercail!

Les détails de cette aventure peuvent être consultés sur le site internet de la SHP.

anges4

Cette photographie, provenant des archives des Clercs Saint-Viateur qui avaient charge de cette paroisse, ont peut voir un état des lieux inédit.  En effet, de gauche à droite on aperçoit « l’institution catholique des sourds-muets de la province de Québec » créée par les Clercs Saint-Viateur autour des années 1855; et qui sera à l’origine de toute l’intervention sociale autour de l’enseignement et la recherche concernant la réalité des sourds-muets, au Québec. (photo: Archives des Clercs de Saint-Viateur)

anges2

Ce groupe se nomme «  Le jugement dernier ». (photo: Gabriel Deschambault)

anges3

L’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End a maintenant retrouvé son air de jeunesse. (photo: Gabriel Deschambault)

Visitez le blogue de l’auteur.

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

Vos commentaires
loading...