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Un beau petit Hôtel-de-ville pour Côte-Saint-Louis

Histoire
L'hôtel-de-ville de Côte-Saint-Louis. Document obtenu sur le web, mais malheureusement sans citation de la source et du photographe.
L’hôtel-de-ville de Côte-Saint-Louis. Document obtenu sur le web, mais malheureusement sans citation de la source et du photographe.

Le premier village du Plateau Mont-Royal, celui de Côte-Saint-Louis, était le repaire des fameux Pieds-Noirs, mais également le terrain de jeu des premiers véritables hommes d’affaires canadiens-français.

Nous sommes loin du « Golden square mile » et de ses grands chevaliers de l’industrie et de la finance. L’argent ne circule pas à la même échelle et les acteurs locaux ne font pas partie d’une « filiation » à l’intérieur des grands empires anglophones britanniques, écossais ou irlandais. Non! Ça sent un peu la sueur et la grosse pelletée de terre; mais la détermination, l’inventivité et la collaboration verront naître de petites dynasties, à la hauteur du statut des francophones de cette époque, dans cette métropole très « angliche ».

Les Dubuc, Limoges et autres Prénoveau vont jeter les bases de ces premiers jalons d’une appropriation encore timide du « monde des affaires » à Montréal. Ces personnes étaient principalement des propriétaires opérateurs des grandes carrières de pierre grise qui se trouvaient sur le territoire du Côteau-Saint-Louis (comme on se plaît aussi à nommer le petit village). Ils n’hésiteront pas à prendre en main les affaires publiques et à structurer administrativement leur collectivité. Ce faisant, ils garantiront ainsi leurs arrières et s’assureront d’une mainmise « tranquille » sur la bonne marche de leurs entreprises.

Il leur faudra tout de même équiper convenablement leur village, et ils commencent par la « Maison municipale ». Celle-ci est érigée sur le côté ouest de la rue Saint-Denis, tout juste au nord de Laurier.

L'hôtel-de-ville de Côte-Saint-Louis. Document obtenu sur le web, mais malheureusement sans citation de la source et du photographe.

L’hôtel-de-ville de Côte-Saint-Louis. Document obtenu sur le web, mais malheureusement sans citation de la source et du photographe.

Cette très belle photographie, qui nous montre cette « maison municipale », est décrite dans la légende comme étant de 1879. Cela est surprenant, car on y voit des rails et que les informations sur les lignes de tramway nous indiquent que la ligne Saint-Denis avait son terminus à Mont-Royal en 1887. Un autre mystère.

L’édifice, comme il est de coutume à l’époque, loge également la caserne de pompiers et le poste de police. L’histoire nous raconte également qu’avant la création de la paroisse Saint-Denis en 1898, les messes se tenaient à cet endroit.

Le bâtiment est sobre et il fait un usage très intéressant de la pierre calcaire tirée des carrières toutes proches. Nous y voyons la pierre à bossage traditionnelle du Plateau-Mont-Royal, rehaussée par de la pierre taillée autour des ouvertures. La composition architecturale ne s’émeut pas outre mesure d’une absence totale de correspondance entre les deux niveaux de la construction. La fenestration de l’étage n’est absolument pas coordonnée avec les ouvertures du rez-de-chaussée. La composition générale ne s’en porte pas plus mal, car le bâtiment montre tout de même une allure simple et efficace; rien d’ostentatoire.

Cette autre photo nous montre la rue Saint-Denis, au sud de la rue Saint-Louis (future rue Laurier) dans une vue vers le nord. On y voit l’Hôtel de Ville à gauche. On constate aussi que la rue Saint-Denis fait à ce moment l’objet d’un élargissement du côté ouest qui obligera la démolition de l’Hôtel de Ville.

(source : Google Street View)

(source : Google Street View)

Aujourd’hui, l’emplacement est occupé par une station-service. On a remplacé le service public, par le service à l’auto.

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