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Expozine: le support «papier» continue de favoriser créativité et échanges

Communiqués

Expozine 2017 vient de se terminer. Cet événement attire des milliers de personnes à Montréal et sur le Plateau-Mont-Royal en particulier.

Cette année encore, à l’instar du Salon du livre, Expozine est bien vivant. Il réussit en digne «petit cousin» underground d’interpeller la foule. Il cache le même intérêt essentiel : celui de réunir, de célébrer la créativité, de favoriser l’échange, la communication, le vis-à-vis, l’authentique rencontre.

Et ce n’est pas la pluie battante qui freine ses ardeurs! En effet, des milliers de personnes se sont données rendez-vous au sous-sol de l’église Saint-Denis au 454 rue Laurier Est, les 25 et 26 novembre derniers. Arrivés tôt sur la ligne de départ, les participants sortirent parapluies et bâches avant de se décocher un bon emplacement. Il y du système D dans l’air. Le papier supporte aussi l’humidité de ce mois de novembre.

Si vous abominez un peu plus chaque jour la feuille, Expozine vous contredira en magnifique trompe-l’oeil. Car cet événement rassemble des centaines de micro-éditeurs qui créent, écrivent, peignent, gribouillent, dessinent tout en gardant Johannnes Gutenberg à l’esprit au centre du rétroviseur. Cet événement déjoue donc les statistiques voulant que le papier ait de plus en plus mauvaise presse.

À l’intérieur, chacun rivalise de créativité avec son voisin et refuse d’être enterré au cimetière numérique.

On y déballe de mini trésors, en forme de papyrus à la réalisation d’un happening unique, capable de brancher la discussion, la créativité, la débrouillardise. Ici, la micro-édition est reine et le fanzine* est roi.

Aussi, Expozine célèbre de grands courageux venus d’un peu partout. J’ai  fait la rencontre d’une jeune ontarienne, d’un Australien, d’une Française.

Le domaine du «micro-objet de délire» n’est pas de tout repos. J’ai vu des créateurs pratiquement tétanisés par cette mise à nu, tenus par le fil d’une introspection fragile. Ils y déployent le meilleur d’eux-mêmes au cœur d’une concurrence féroce, allant au devant d’un monde peut-être cruel.

En quête de mon voisinage, j’en ai visité quelques-uns, le visage blanc révélé en âme profonde. Expozine c’est ce terreau fertile où l’imagination cicratise tandis que la caravane passe, car la tendreté  la précarité sont palpables à certains stands.

Aussi Expozine encourage la sphère originale d’une quasi thérapie, dans son microcosme et son siècle encore tout neuf. Si vous venez à Expozine, il n’y rien de plus constructif pour la société que de reconnaître le travail de ceux qui créent et livrent la marchandise à trop vil prix. Merci aux organisateurs.

Marie-Josée Hudon

* fanzine : publication indépendante créée par des amateurs passionnés. Source : Wikipedia

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