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Mezzanines : retour à la table à dessin?

Immobilier
L’arrondissement cherche à préciser les critères d’analyse, mais pas nécessairement à revoir le processus d’évaluation des projets proposé dans le projet de règlement déposé l’été dernier. (photo : Simon Van Vliet)

Vivement critiqué lors de sa présentation en août, le projet de règlement sur l’interdiction des mezzanines ne sera pas réintroduit immédiatement.

L’administration Ferrandez prend acte des réserves exprimées lors de l’assemblée publique de consultation du 29 août dernier. Reportée lors de la séance du conseil de septembre en octobre, la seconde lecture projet de règlement attendra jusqu’à l’an prochain.

« C’était une patate chaude avant les élections », analyse l’architecte en pratique privée Owen Rose, un ancien membre du Comité consultatif d’urbanisme (CCU), qui a été l’un des principaux fers de lance de l’opposition au projet de règlement déposé l’été dernier.

Une ouverture relative

Le dossier des mezzanines fera l’objet d’une « démarche concertée » en deux temps qui s’amorcera le mois prochain. L’arrondissement formera tout d’abord un comité d’une quinzaine de résidents et de résidentes qui seront appelées à « un dialogue sur l’impact des projets d’agrandissements ». Sur la base de cette réflexion citoyenne, un « travail collaboratif » sera entamé avec l’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ) pour préciser les critères d’évaluation des projets.

« On va voir qui seraient les représentants » de l’AAPPQ, indique Owen Rose, qui s’inquiète toutefois qu’on ait exclu d’emblée les membres faisant partie d’association professionnelle ou de l’ordre des architectes et s’interroge sur les critères de sélection des candidatures pour le comité citoyen. Selon lui, le contexte présenté dans l’appel à contribution semble par ailleurs « biaisé » contre les mezzanines.

« Les candidatures seront traitées par les professionnels de la direction du développement du territoire et des travaux publics, qui identifieront les coups de coeur parmi les lettres de motivation soumises. Parmi les critères de sélection mentionnons : la connaissance du territoire et de son histoire, l’importance accordée à la qualité du cadre bâti, l’ouverture à la discussion, leur apport à la réflexion, l’amour et attachement au patrimoine du Plateau, etc. », fait valoir Michel Tanguay, chargé de communication à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Les tensions demeurent vives

Owen Rose dit avoir reçu comme « une claque en pleine face » le rejet par l’administration Ferrandez d’un projet de rapport du CCU qu’il a dévoilé lors de l’assemblée publique du 29 août. Une version préliminaire de ce rapport daté de janvier 2016, dont Pamplemousse.ca a obtenu copie, proposait un encadrement plus souple des projets de mezzanines que celui mis de l’avant dans le projet de règlement déposé l’été dernier.

« C’était un consensus renouvelé à l’interne année après année », insiste l’ancien vice-président du comité qui s’étonne que les responsables politiques de l’arrondissement aient simplement refusé de finaliser et de publier le rapport plutôt que d’exprimer leurs réserves à l’égard de ces recommandations. Alors qu’il avait toujours entretenu de « bons rapports » avec Luc Ferrandez, l’architecte dit maintenant avoir des relations « glaciales » avec le maire d’arrondissement.

Nonobstant ces tensions personnelles, la nouvelle consultation représentera un premier test pour l’administration Ferrandez qui entame son troisième mandat à la tête de l’arrondissement du-Plateau Mont-Royal après avoir été reportée au pouvoir avec de fortes majorités aux élections du 5 novembre. Au terme de cet exercice, l’arrondissement devra soit convaincre le milieu du bien fondé d’un projet de règlement bonifié ou revenir sur sa position initiale concernant l’interdiction des mezzanines de plein droit.

L’arrondissement cherche pour l’instant à préciser les critères d’analyse, mais pas nécessairement le processus d’évaluation des projets, indique Michel Tanguay. [Mise-à-jour] Le maire Ferrandez assure au contraire que son administration « remet en question » tant le processus que les critères d’évaluation des projets.

Le mécanisme envisagé dans le projet de règlement de l’été dernier placerait tous les projets de mezzanine en dérogation, ce qui suscite des critiques de la part du milieu des architectes et des craintes de la part de propriétaires qui envisagent des agrandissements par mezzanine.

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