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La rue Saint-Denis sur le point de renaître?

Économie
L’architecture de la rue Saint-Denis demeure un atout majeur pour son développement. (Photo: DollarPhotoClub)

Les rues commerciales du Plateau connaissent une remontée, comme l’a constaté Pamplemousse.ca sur le terrain. Saint-Denis souffre mais les pronostics sont bons.

Même si, à 15,87%, le taux d’inoccupation est plus élevé sur la rue Saint-Denis qu’ailleurs sur le Plateau, c’est loin de décourager Caroline Tessier, la directrice générale de la Société de développement commercial de la rue Saint-Denis: «Ce taux était plus élevé il n’y a pas si longtemps. Actuellement, la rue compte quatre locaux en rénovation dont le bail est signé. On sent un engouement certain pour la rue Saint-Denis, qui attire de nouveaux joueurs. Les chantiers sont chose du passé et les commerçants ressentent un soulagement sur ce plan, c’est certain. On doit maintenant convaincre visiteurs et résidents de revenir faire leurs achats sur la rue Saint-Denis, car certains croient encore que les chantiers ne sont pas terminés. On les voit toujours sur Google. On a même communiqué avec eux pour qu’ils changent leurs images. Ils ont refusé en nous affirmant que leur petite voiture surmontée d’une caméra fait présentement le tour du monde…»

Mme Tessier affirme que les baux commerciaux ont beaucoup baissé récemment. Il y a six ans, la moyenne se situait à 50$ le pied carré. Aujourd’hui, c’est 20$. Sur Mont-Royal, elle est de 30$. «Plusieurs commerçants veulent renouveler leur bail avant la fin pour bénéficier d’une baisse et il y a une ouverture chez les propriétaires, dit-elle. Le programme PRAM (de rénovation des façades), qui couvre 40% du coût des travaux, incite de nombreux commerçants à s’installer chez nous.»

Mais elle s’inquiète des taxes municipales, qui souvent viennent doubler le loyer mensuel! «Les taxes font mal. On ne peut développer Montréal de cette façon», dit-elle.

Y a-t-il un avenir pour la rue Saint-Denis? «C’est une grande rue historique, son architecture est inégalée, reprend Caroline Tessier. Il faut l’utiliser à son plein potentiel pour en faire une destination tant pour les visiteurs que pour les résidents. Même si nous n’avons pas la liberté de fermer la rue ou de multiplier les restaurants et les bars, on a des atouts non négligeables. Surtout que nous avons des commerces forts, comme Arthur Quentin, Boutique Courir, Zone, L’Express, Céramique Café, qui ont eu de l’achalandage malgré les chantiers. Mais il nous faut l’appui des élus de l’arrondissement et de la ville centre. Il faut que tout le monde partage une vision commune.»

Il faudra donc adapter l’offre commerciale en fonction des nouvelles réalités du commerce de détail, explique Mme Tessier. Comme de miser davantage sur le commerce de proximité dans les portions sud (au sud de Duluth) et nord de la rue Saint-Denis, pour équilibrer son développement. Et trouver un projet porteur pour développer l’ancien Institut des sourdess-muettes et le terrain vacant, juste en face, angle des Pins.

Caroline Tessier croit aussi que l’offensive de recrutement «Portes ouvertes» aura un impact indéniable sur le recrutement de nouveaux commerces. Une trentaine de commerces auraient établi leurs pénates depuis le lancement de ce programme.

Notre étude

Nous avons compté le nombre de commerces inoccupés sur les principales artères commerciales du quartier: Mont-Royal, Saint-Laurent et Saint-Denis. Nous avons exclu les rues du Parc, Duluth, Prince-Arthur et Bernard, ainsi que les commerces en rénovation pour location ou ceux qui affichent la pancarte d’un locataire éventuel. Alors que, depuis plusieurs années, les médias «nationaux» ne cessent de répéter que les taux d’inoccupation des artères commerciales de Montréal sont catastrophiques, nos constatations sur le terrain confirment le contraire.

Ainsi, selon nos chiffres, l’Avenue du Mont-Royal affiche un taux d’inoccupation de 6,6%, soit 30 commerces sur 454, entre du Parc et Frontenac. Rue Saint-Denis, nous avons compté 40 commerces vides sur 252, entre Sherbrooke et Laurier (soit un peu plus que le territoire de la Société de développement commercial de la rue Saint-Denis), pour un taux de 15,87%. Rue Saint-Laurent, le taux s’établit à 6,77%, soit 25 commerces vides sur 369, entre Sherbrooke et Bernard.

Nous avons comparé ces chiffres à ceux des centres d’achats de banlieue les plus achalandés au Québec, que nous avons visités la semaine dernière. Ainsi, le Carrefour Laval compte dix commerces vides (incluant le Sears, qui le sera dans quelques semaines, ainsi qu’un détaillant en faillite), pour un taux d’inoccupation de 3,44%. Mais le Carrefour Laval est un des centres d’achats les plus occupés au pays. Au Centre d’achats Dix30 de Brossard, le taux est 9,27% (29 locaux vides sur 313), soit un taux plus élevé que Mont-Royal et Saint-Laurent, qui s’est manifestement remise chantier d’infrastructures d’il y a quelques années, dont la gestion catastrophique avait fait la manchette.

Lisez notre suite: l’avenue Mont-Royal

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