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Encore une couche de peinture… pour le vieux chalet du parc

Histoire
Adrien Hébert R.C.A. 1933: «Parc Lafontaine en hiver», Galerie Eric Klinkhoff

Les lecteurs plus assidus de cette chronique « historique » vont peut-être trouver qu’elle est sournoisement en voie de devenir plutôt… une chronique d’art.

C’est un peu vrai, mais pourquoi pas?  Lorsqu’on peut jeter un coup d’oeil à l’histoire tout en admirant une magnifique peinture; on se fait plaisir deux fois.  Après le travail de John Little, j’aimerais vous faire partager celui d’Adrien Hébert (1890-1967).  Je l’aime autant que Little (en fait c’est parce que les deux nous « parlent » de Montréal et que j’adore ma ville).  Allons y donc avec une autre couche de peinture s’adressant au parc La fontaine.

En découvrant la peinture ensoleillée de Hébert (qui coiffe ce texte) et en reconnaissant le vieux chalet du parc La Fontaine je ne peux que vous faire partager cette belle découverte.  Adrien Hébert est un peintre montréalais qui a repris de nombreux paysages urbains de la ville.  Que ce soit le port avec ses paquebots et ses lourds nuages ou encore, les rues Saint-Denis ou Sainte-Catherine; Hébert nous présente la ville telle qu’elle est dans son quotidien et sans artifices.

Dans notre illustration, on reconnaît le vieux chalet du parc La Fontaine qui siège en bordure de l’étang, avec son quai permettant d’offrir ses canots et chaloupes à l’été venu.  À peu de choses près, on note que la topographie du parc et de son étang sud est assez semblable à ce qu’elle est encore  aujourd’hui.

La photo suivante nous montre justement le chalet original dans les années 1940.  On peut voir certains dommages conséquents à un récent incendie, et dès l’année suivante, on l’amputera de ses étages supérieurs pour ne laisser que le niveau de location des embarcations.

1946 Archives de la Ville de Montréal VM94-Z376

La photo nous montre le vieux chalet en quelque part au printemps et qui se prépare pour la prochaine saison estivale.  On voit le vieux kiosque à musique qui est l’ancêtre du futur Théâtre de Verdure, ainsi qu’une des gondoles en utilisation durant ces années.  À l’effigie d’un grand cygne, c’est une simple surface flottante garnie de bancs sans grands décors.  On voit plus loin les canots qui sont offerts en location et les abords du fameux pont des amoureux.

Adrien Hébert nous présente aussi une autre scène hivernale avec ses patineurs que l’on peut facilement imaginer qu’ils évoluent dans la partie de l’étang sud, près de la rue Sherbrooke.  Il fait soleil, la foule est nombreuse et l’activité est fébrile.  Seul élément plus tranquille, un artiste qui croque la scène pour notre plaisir futur.

Adrien Hébert  R.C.A. 1936: «Patinage au parc Lafontaine », Galerie Alan Klinkhoff

De la même façon, que dans la peinture précédente, il y a beaucoup d’action.  Dans la première peinture, skieurs, toboggans, spectateurs, lutteurs, jaseurs et amoureux sur les bancs publics, nous alissent imaginer qu’on est peut-être dimanche mais que tout le monde est de bonne humeur.  Ici, le plaisir règne également et tout le monde y va de ses pirouettes les plus sophistiquées les unes que les autres.

Fils de Louis-Philippe Hébert, le sculpteur de monuments montréalais majeurs (monument de Maisonneuve à la Place d’Armes), Adrien Hébert léguera une oeuvre empreinte de modernité en présentant la ville dans son originalité,  plutôt que de verser dans le paysage.  C’est d’ailleurs l’originalité de ses sujets qui le situera dans son temps et qui consacrera la modernité de son oeuvre.

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