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Le camp pour le droit au logement du FRAPRU s’invite sur le Plateau

Immobilier
Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, s'adresse au militantes et militants du campement.
Le camp pour le droit au logement du FRAPRU a élu domicile vendredi sur le Plateau, avant d’être évincé pour la seconde fois en 24 h. (photo : Simon Van Vliet)

Après avoir été évincé la veille de son premier emplacement au centre-ville, le camp pour le droit au logement du FRAPRU a élu domicile vendredi sur le Plateau.

C’est avant tout pour « pour échapper à la juridiction du maire Coderre » que les militantes et militants avaient choisi de monter le camp sur la Plateau, explique d’entrée de jeu le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant.

Par ailleurs, le choix du terrain, situé au 3725 Saint-Denis devant les bureaux de l’Agence de santé et de services sociaux, récemment démantelée par le gouvernement Couillard, « semblait idéal pour montrer le lien entre les problèmes de logement et les problèmes de santé », précise François Saillant.

Pour le logement social

Le porte-parole du FRAPRU se dit « très préoccupé » par l’avenir de l’Hôtel-Dieu. L’organisme est d’ailleurs partie prenante de la coalition pour la sauvegarde de l’institution hospitalière, qui tenait un rassemblement à quelques coins de rues de là.

« Ce site-là est plein de possibilités », souligne François Saillant qui espère qu’on le préservera pour y développer du logement social et communautaire plutôt que de le vendre au privé pour y construire des condos de luxe.

Le camp pour le droit au logement vise justement à attirer l’attention du public sur les enjeux d’accès au logement dans la métropole ainsi qu’à faire pression sur les gouvernements pour qu’ils investissent dans le logement social.

« Il y a énormément de locataires dans une situation précaire » dans l’arrondissement, souligne Vicky Langevin, organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR, un membre-fondateur du FRAPRU). Raphäelle Poulin-Gagné, une militante du CLPMR, ajoute que le camp est « une belle occasion de mettre de l’avant les possibilités sur le territoire d’un quartier central comme le Plateau », notamment pour le logement social et communautaire.

François Saillant se dit « extrêmement préoccupé de l’avenir du logement social », compte tenu du retrait du financement fédéral qui risque de priver des milliers de coopératives des subventions qui leur permettent d’offrir des loyers modiques aux ménages à faibles revenus. Avec son budget d’austérité, déposé en mars, « le gouvernement du Québec finance moins de logements qu’il en finançait dans les années antérieures », précise le coordonateur du FRAPRU.

Le camp pour le droit au logement évincé à nouveau

« La police de Montréal se cherche une raison d’intervenir », observe François Saillant. Comme de fait, quelques instants plus tard, des officiers de police sont venus à sa rencontre et ont été accueillis par des slogans scandés par les militantes et les militants.

C’est donc sans surprise que le coordonnateur du FRAPRU a appris vers 13 h 30 que le propriétaire du terrain avait l’intention de faire expulser le campement avant 15 h.

L’assemblée générale des membres a décidé un peu plus tard de lever le camp pour éviter que le camp soit démantelé de force comme cela s’était produit la veille, où trois personnes avaient été arrêtées pour « entrave au travail d’un policier ».

Après avoir levé le camp, les militantes et les militants du FRAPRU ont malgré tout pris la rue pour manifester leur mécontentement face à cette seconde éviction en à peine 24 h, et une dizaine de personnes ont reçu des contraventions de 500 $ en vertu de l’article 500.1 du code de la sécurité routière qui interdit d’entraver la circulation des véhicules dans un chemin public.

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