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Vignettes: le Petit Laurier en a marre

Transport
Petit Laurier «Grève Solidaire»
Des centaines de personnes ont répondu à l’appel des organisateurs de la «Grève solidaire». (Photo: Stéphane Desjardins)

Des centaines de résidents, professionnels et commerçants du Petit Laurier ont fait une «Grève Solidaire», entre 13h et 14h aujourd’hui (samedi 30 mai), contre les fameuses vignettes de stationnement récemment introduites dans le quartier.

Crécelles, sornettes de vélo, ballons jaunes, pétition: ça discutait fort sur les trottoirs de la rue Laurier, entre le parc et la rue Papineau. L’imposition de vignettes de stationnement dans le secteur 151, dans le quartier entourant la rue Laurier et, plus spécialement sur la rue elle-même, enrage les usagers. L’introduction des vignettes, qui a eu lieu il y a quelques semaines, est la goutte qui a fait déborder le vase chez de nombreux résidents et commerçants.

«Ce ne sont pas les commerçants qui ont organisé cette protestation, mais les résidents qui ont demandé aux commerçants de se joindre à eux», a lancé Olivier Monfet, propriétaire des boutiques Ciconia et Zouvrac, rencontré devant un commerce où les gens se succédaient pour signer une pétition qui sera remise au conseil d’arrondissement, lundi.La «grève», une fermeture symbolique des commerces sur toute la rue durant une heure, était organisée par le même comité ad hoc qui avait mené une autre protestation symbolique, il y a deux semaines. Tous les commerces avaient affiché des pancartes «À vendre» dans leur vitrine. Le comité regroupe une quarantaine de résidents, professionnels et commerçants. Quatre vont les représenter, majoritairement des résidents, à une réunion prévue le 5 juin prochain avec les élus.

«Les élus croient que ce sont les commerçants qui mènent les protestations. Eh bien, non, ce sont les résidents qui en ont marre. Il n’y avait pas de problème de stationnement dans nos rues… jusqu’à ce que l’arrondissement impose ces vignettes», lance une autre résidente, qui n’a pas donné son nom. «Je suis tellement écoeuré de la situation que je viens de louer mon condo. Il est à vendre», a lancé un autre.

«Mes beaux-parents viennent de Lavaltrie, explique Marilou Filiatrault, résidente. C’est l’enfer pour trouver une place à chaque visite. L’administration propose de délivrer des vignettes temporaires pour les visiteurs. Mais qu’arrivera-t-il si je dois aller à l’hôpital avec mes enfants? Mes beaux-parent n’auront pas le temps d’aller acheter la vignette temporaire qu’ils proposent aux visiteurs. Surtout pas un vendredi soir, à minuit! Depuis qu’ils ont mis les vignettes, je ne peux plus stationner devant chez nous. Avant, ça ne posait jamais de problème. J’ai trois enfants. À chaque sortie, c’est l’enfer.»

Mme Filiatrault s’est achetée un triplex dans Rosemont et quitte bientôt le Plateau, à regret.

Pas à l’écoute

«Notre qualité de vie fout le camp, lance un autre résident. Nous n’avons pas le sentiment que les élus sont à l’écoute. La majorité des résidents sont des gens qui se déplacent en voiture, à vélo ou à pied. On n’a rien contre le vélo, nous sommes cyclistes! Cela dit, il faudrait que l’approche de nos élus soit moins idéologique. Qu’ils consultent davantage et décrochent de la religion écolo.»

Plusieurs résidents rencontrés sur les trottoirs de la rue Laurier reconnaissent que certaines rues connaissent des problèmes de stationnement, près du parc Laurier. «Mais pourquoi étendre les vignettes aux secteurs où les problèmes de stationnement n’existaient pas? Moi, je vais travailler à Anjou dans un secteur mal desservi par le transport en commun. Ça me prend 30 minutes de plus à l’aller et au retour pour me trouver une place», explique une autre résidente.

«Depuis les vignettes, ça me prend une demie-heure pour porter ou chercher mes enfants à la garderie. Je songe sérieusement à quitter le Plateau.»

Ils sont nombreux à évoquer le paradoxe qu’a entraîné les vignettes: plus de pollution généré par davantage de circulation, parce que les gens se cherchent une place de stationnement durant de très longues minutes.

Tous les textes sur ce dossier:

• Le Petit Laurier en a marre

• Le Plateau, un ghetto?

• Des artistes à la rescousse

• Les élus ouverts au dialogue

• Marianne Giguère écrit à ses électeurs

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