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Vignettes rue Laurier: les élus ouverts au dialogue

Transport
Luc Ferrandez
Luc Ferrandez va rencontrer résidents et commerçants mécontents le 5 juin. (Photo: Facebook)

« Nous sommes confiants que nous arriverons à trouver des solutions », disent les élus.

« Nos élus sont en communication avec les commerçants du Petit Laurier afin d’évaluer les solutions possibles », répète un communiqué diffusé en fin d’après-midi par l’administration Ferrandez, qui a été très brève dans ses réactions, pour ne pas mener un « dialogue par médias interposés », justifiant ainsi la volonté de ne pas accorder d’entrevues sur le sujet. Mais le communiqué ajoutait : « Nous rappelons que, sauf 10 espaces, tous les espaces de stationnement sur Laurier réservés aux résidents (avec vignettes) sont accessibles gratuitement pour une période d’une heure pour les clients qui souhaitent s’y garer pour faire des achats sur Laurier Est. »

Rejoint un peu plus tard, Sébastien Parent-Durand, attaché politique à l’arrondissement, a reconnu que « le secteur du Petit Laurier a connu beaucoup de changements ces dernières années. »

Il a réitéré les explications du maire Luc Ferrandez au dernier conseil d’arrondissement : le Plateau a été le premier arrondissement à Montréal à implanter des vignettes de stationnement et le secteur du Petit Laurier est le dernier où il n’y avait pas de vignettes. Or, l’implantation de vignettes rue par rue ne fonctionne plus. « Ça ne fait que déplacer le problème à la rue suivante, reprend M. Parend-Durand. Ça se confirme avec les rues Brébeuf et Chambord, où il est difficile de se garer à cause de l’achalandage en hausse dans le parc Laurier. »

Ce dernier ajoute que l’implantation prochaine d’une voie réservée pour autobus sur Papineau, qui entraînera la disparition de nombreuses places de stationnement, va sérieusement compliquer la vie des résidents de la rue Marquette. D’où les nouvelles vignettes.

Face aux critiques des résidents qui se plaignent de n’avoir pas été consultés, il mentionne que nulle part à Montréal, de telles consultations se tiennent rue par rue. « Cela dit, on est en mode écoute. On a bien hâte de rencontrer les résidents et commerçants à la réunion prévue le 5 juin avec le comité ad-hoc, dit-il. Et je suis certain que les gens vont s’exprimer sur le sujet au conseil d’arrondissement de lundi. »

Un ensemble de mesures

Face aux critiques sur des mesures d’apaisement de la circulation implantées de façon improvisée, M. Parent-Durand réplique que l’arrondissement est pourtant clair sur ses intentions depuis des années : « Nous tentons de réduire la circulation de transit sur les rues résidentielles, où circulent des jeunes familles et des personnes âgées. On a beaucoup réduit le volume de cette circulation. On a fait nos devoirs. On a des cartes qui confirment que les détours moyens sont d’au plus 750 mètres pour se garer. Mais c’est certain qu’on ne plaira pas à tout le monde. »

Ce dernier ajoute que le Plateau est un des quartiers les plus denses en Amérique du Nord, qu’il reçoit 100 000 visiteurs par jour, que le parc automobile a explosé ces dernières années, partout au Québec, et à l’extrême dans le Plateau. « Le commerce de détail vit de grands changements avec Internet et les nouveaux Dix-30 de ce monde. On ne peut blâmer uniquement les vignettes et les mesures d’apaisement de la circulation pour les baisses des chiffres d’affaires des commerçants, dit-il. D’autant plus qu’il n’y a qu’un seul commerce à louer dans le Petit Laurier. Et que le taux d’occupation de l’avenue Mont-Royal est supérieur à la moyenne montréalaise. Pourtant, elle a été touchée plus que les autres par les mesures d’apaisement. »

Certaines personnes dénoncent le coût trop élevé, à 140 $ par année, de la vignette. « À Toronto, c’est 200$ pour un premier véhicule et 500$ pour le deuxième, réplique-t-il. À Londres, c’est entre 400$ et 600$. À Ottawa, c’est même 730$ par année. La rue Laurier est une des rares à Montréal qui n’a pas de parcomètres, tout près du centre-ville de Montréal. On est dans une culture du stationnement gratuit alors que chaque place de stationnement sur rue coûte 300 $ par année à l’arrondissement en frais d’entretien. Le parc automobile grandit. Le quartier est le plus dense de la ville. On est face à un problème mathématique. Le secteur visé était le dernier à ne pas avoir de vignettes. Pourquoi ce serait-il différent qu’ailleurs dans les quartiers centraux de Montréal? »

M. Parent-Durand révèle que « la vente des vignettes du secteur 151 a fracassé un record. Nous en avons écoulé 150 les deux premières semaines. Et nous en avons vendu plusieurs autres depuis. »

Tous les textes sur ce dossier :

• Le Petit Laurier en a marre

• Le Plateau, un ghetto?

• Des artistes à la rescousse

• Les élus ouverts au dialogue

• Marianne Giguère écrit à ses électeurs

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