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La ruelle champêtre Henri-Julien sauvée?

La ruelle champêtre Henri-Julien / Drolet est un projet communautaire de verdissement sur le Plateau.
La ruelle champêtre Henri-Julien / Drolet est menacée par des projets de développement immobilier. (photo : tirée de la page Facebook du comité)

Des membres du comité de la ruelle champêtre Henri-Julien/Drolet étaient présents au conseil d’arrondissement lundi dernier pour demander des mesures de protection des espaces verts.

Un membre du comité a déposé une pétition de plus de 500 noms exigeant que « des règlements soient mis en place pour empêcher des projets de stationnement qui compromettent les acquis de verdissement dans les ruelles vertes de l’Arrondissement du Plateau Mont-Royal ».

Sylvain Grand’Maison déplore le fait qu’il n’existe « aucun outil ou réglementation pour assurer la pérennité » des efforts de verdissement portés par des résidents et des investissements publics importants, menacés par des projets de développement immobilier.

Il souligne que la ruelle a été transformée en ruelle verte en 2000 et qu’elle a été la première ruelle champêtre à voir le jour à Montréal en 2007. Dans le cadre d’un projet-pilote financé au coût d’environ 160 000 $, le pavé avait été retiré et remplacé par un géotextile.

Stationnement contre verdissement?

« Le stationnement est problématique », convient le résident de la rue Drolet qui espère néanmoins que la pression exercée sur le stationnement sur rue n’incitera pas davantage de propriétaires à vouloir utiliser les stationnements en cour arrière.

« L’accès au stationnement est inscrit comme une règle immuable », note le maire Luc Ferrandez qui dit vouloir trouver des solutions à cette situation illustrant certains problèmes liés au phénomène de spéculation immobilière vécu sur le Plateau.

En effet, Sylvie Joyal a acquis deux propriétés donnant sur la ruelle champêtre en vue de les rénover et de les revendre. La nouvelle propriétaire a obtenu un permis de rénovation et d’aménagement d’un stationnement arrière pour l’une et un permis de démolition pour l’autre.

Les résidents craignent que les travaux endommagent la ruelle champêtre et que l’aménagement d’un stationnement arrière dénature leur ruelle.

« C’est un cas qui n’a pas de précédent », souligne la conseillère d’arrondissement pour le district Jeanne-Mance, Christine Gosselin.

Le président du comité de la ruelle champêtre, Jerry Bull, a fait appel du permis de démolition accordé par l’arrondissement. Lors de l’étude de l’appel par le conseil lundi, Sylvie Joyal s’est dit « victime d’une vendetta ».

Elle insiste sur le fait que les travaux de démolition n’auront pas d’impact sur la ruelle, ce dont doute Sylvain Grand’Maison, qui note que le mur arrière du bâtiment est directement adjacent à la ruelle.

L’appel a finalement été reporté au prochain conseil, mais Sylvain Grand’Maison se dit confiant pour la suite des choses. Le comité de résidents organise d’ailleurs une fête de ruelle le 13 juin prochain.

« On est sur la bonne voie », assure-t-il en expliquant que le permis d’aménagement du stationnement arrière serait vraisemblablement révoqué en raison de la présence d’un arbre mature dans la cour arrière qui rend impossible l’aménagement d’une aire de stationnement conforme aux normes en vigueur.

La ruelle champêtre Henri-Julien/Drolet est l’une des 4300 ruelles vertes à Montréal portées par le programme des écoquartiers, qui fait de Montréal la capitale canadienne de ruelles vertes.

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