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On plante dans le Champ des possibles

Environnement
Caroline Magar, coordonnatrice des Amis du Camp des possibles, devant un tas de paillis.
Caroline Magar, coordonnatrice des Amis du Camp des possibles. (Photo: Stéphane Desjardins)

Le samedi 13 juin, une quinzaine de bénévoles plantaient des arbres et des arbustes dans un secteur du Champ des possibles qui en a bien besoin, angle Bernard et Casgrain.

Rappelons qu’en octobre dernier, le Canadien Pacifique (CP) avait illégalement utilisé des terrains qui ne lui appartenaient pas pour entreposer de la machinerie afin d’exécuter des travaux sur sa voie ferrée, qui passe juste au nord du Champ des possibles. Les travaux avaient considérablement affecté la végétation des lieux et, surtout, généré une immense vague de protestation et de mobilisation citoyenne et politicienne. L’affaire avait fait les médias nationaux.

« Aujourd’hui, nous naturalisons en partie une portion du Champ des possibles qui n’est pas zonée parc, contrairement à la section est, explique Caroline Magar », coordonnatrice des Amis du Champ des possibles. Cette dernière consacre sa recherche de maîtrise à l’Université de Montréal sur le sujet. Car le Champ des possibles a « besoin d’amour ». Le lieu, une ancienne gare de triage qui devait être transformée en cour de voirie, est contaminé aux métaux lourds et aux hydrocarbures. La couche de terre en surface protège adéquatement la population pour consacrer son usage comme espace vert. Mais l’approche traditionnelle privilégiée par les autorités entraînerait une décontamination par l’enlèvement de la couche de terre contaminée, parfois sur plusieurs mètres, pour la remplacer par de la terre saine. Une technique qui massacrerait le peu de végétation que les Amis tentent de préserver.

« Nous préparons un appel d’offres qui permettrait de démontrer notre vision, plus sensible à la réalité de terrain, explique Mme Magar. Nous estimons qu’il serait préférable de planter des végétaux qui se chargeraient de décontaminer en partie les lieux et de stabiliser la terre en surface. »

L’organisme dispose de l’appui de la Direction de la santé publique. Et elle bénéficie de l’aide financière de l’arrondissement du Plateau, qui a lui-même hérité d’une somme de 60 000 $ versée à titre de compensation par le CP.

Pour Roger Latour, un des fondateurs des Amis du Champ des possibles et militant de la première heure, l’endroit est tout simplement une merveille du point de vue biologique. « On y trouve une très grande variété de plantes, par exemple, dit-il. Une cinquantaine d’espèces d’abeilles viennent y butiner. La faune et la flore abondent. Certains oiseaux spectaculaires, comme les faucons Pèlerin ou Émérillon, survolent les lieux quotidiennement. »

M. Latour se réjouit aussi de l’attention populaire et médiatique envers le Champ des possibles. « C’est rare que les citoyens s’intéressent à l’évolution d’une friche en milieu urbain », ajoute-t-il.

Pour Richard Ryan, conseiller municipal du Mile-End, l’existence des Amis du Champ des possibles relève de l’exploit. « Cet organisme assume un mandat de cogestion des lieux avec l’arrondissement. Il s’agit du premier mandat du genre à Montréal. Juste le fait que des urbanistes, des fonctionnaires et des citoyens bénévoles travaillent ensemble représente une expérience très intéressante et enrichissante. Au début, ce serait mentir que de faire travailler tout ce monde ensemble représentait un choc culturel intense. Mais tout le monde reconnaît l’importance de protéger les lieux pour les générations futures. Avec de la bonne volonté, on peut aller très loin! »

Plantation d'arbres au Champ des possibles

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