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Faire son marché sur le Plateau

Histoire
Épicerie Joly à l’angle des rues Marie-Anne et Drolet.
Épicerie Joly à l’angle des rues Marie-Anne et Drolet. (Photo: archives familiales Jean Joly

À l’époque, pour faire son marché, il suffisait d’aller au coin de la rue. Ces temps ont bien changé, quoique cette tendance du marché de proximité semble aujourd’hui vouloir revenir en force. Enfin, les clients, eux, le souhaitent.

C’est un lecteur de mon blogue, Monsieur Jean Joly, qui m’a fait parvenir des photos et un historique présentant une « boucherie-épicerie » tenue par son grand-père maternel, à l’angle des rues Marie-Anne et Drolet, qui coiffe ce texte. Le marché en question, que Monsieur Charles Beauchesne avait acheté en 1907, faisait partie d’un plus vaste ensemble comportant également plusieurs logements. Monsieur Joly nous communique ces deux photos et il nous dit aussi que l’ensemble des logements était occupé par des membres de la famille.

Les deux photos suivantes montrent sous deux angles différents et à deux époques différentes (quoique rapprochées) l’ensemble de l’immeuble. On peut lire, sur la photo plus récente, une affiche disant fondée en 1892, ce qui laisse deviner que cela correspond aussi à la date de la construction. Malgré le caractère très sobre des façades, nous avons ici une composition parfaitement symétrique de part et d’autre de l’entrée principale, ce qui est relativement rare. Curieusement, il semble aussi y avoir un plus petit commerce à chaque extrémité. L’angle de l’immeuble est très marqué avec sa tourelle au toit en poivrière recouvert d’ardoises et indique bien l’entrée principale du commerce.

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Épicerie Joly à l’angle des rues Marie-Anne et Drolet. (Photo : archives familiales Jean Joly)

Cette photo plus récente (avec le camion de livraison) montre un ensemble commercial de belle tenue, avec un affichage publicitaire important qui participe à l’image de marque du magasin. C’est probablement devenu un commerce d’épicerie important à l’ouest de Saint-Denis. Les lecteurs remarqueront que les fenêtres sont équipées de persiennes, ce qui est la coutume pour l’été. L’automne venu, on sortira les contre-fenêtres vitrées afin de se préparer pour l’hiver. Vous apercevez également au haut de la photo, un lampadaire de rue fonctionnant à arc de carbone. Ce lampadaire contient deux tiges de carbone qui forment un « éclair », un arc électrique, lorsque mis sous tension. Ces lampadaires nécessitaient des remplacements fréquents des tiges de carbone et sont disparus de nos rues dans les années 1950. Voilà pour les infos contenues aux photographies.

La famille est fière de son travail et de sa réussite, car tout le monde prend la pose devant le commerce. C’est la coutume à cette époque. Les lecteurs plus curieux qui souhaiteraient lire les informations complètes de Monsieur Joly peuvent se rendre sur mon blogue.

Dans quelques années, ces petits commerces de coin de rue auront la vie dure avec l’apparition d’un nouveau mode de faire ses provisions avec l’arrivée des supermarchés. Au début des années 1950, les supermarchés Steinberg’s viendront chambarder les règles du jeu et sonner le glas de ces petites épiceries de coin de rue. Un des premiers Steinberg’s du Plateau ouvrira à l’angle Mont-Royal et Bordeaux… « où l’on se sert soi-même ». Nous y reviendrons un de ces jours.

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Image : archives de la Société d’histoire du Plateau

 

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Photo : archives de la Société d’histoire du Plateau

 

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

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