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Entrevue avec Amir Khadir, député de Mercier

Politique
Amir Khadir a donné son appui à Liliane Dufour, une locataire évincée sur le Plateau.
Amir Khadir a donné son appui récemment à Liliane Dufour, une locataire évincée sur le Plateau. (photo : courtoisie du bureau d’Amir Khadir)

À moins d’un mois de la reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale, Pamplemousse.ca s’est entretenu avec le député provincial de Mercier, Amir Khadir.

Premier candidat de Québec solidaire à être élu à l’Assemblée nationale en 2008, le médecin spécialiste d’origine iranienne est bien au fait des enjeux locaux et nationaux dans le comté de Mercier. Dans ce premier texte, nous nous penchons sur le dossier du logement.

Logement : l’urgence d’agir

« C’est un problème de longue date », note Amir Khadir, qui constate à quel point le parc immobilier du Plateau est en proie à une pression commerciale et une spéculation immobilière depuis quelques années. « Ça tue l’idée même du Plateau », soupire le député en notant que le phénomène de gentrification a des impacts ravageurs sur la mixité sociale.

Le cas de Liliane Dufour, une septuagénaire évincée de son logement au cœur du Plateau, est emblématique d’un problème croissant de reprise de logements par des propriétaires immobiliers, qui évincent les aînés pour contourner les mécanismes de contrôle des loyers de la Régie du logement du Québec. Le député de Mercier espère que ce cas incitera le gouvernement à accélérer l’étude du projet de loi 492, déposé en juin par la députée solidaire de Gouin, Françoise David, qui vise à modifier le Code civil afin de protéger les droits des locataires aînés.

Amir Khadir estime qu’il s’agit là d’un exemple parmi d’autres de « mesures simples qui ne coûtent rien à l’État » et qui permettraient de résoudre certains des problèmes que vivent les locataires dans des quartiers très prisés comme le Plateau Mont-Royal. Il invite ainsi le gouvernement du Québec à resserrer l’application de la Loi sur la Régie du logement afin de mieux réguler le marché privé du logement locatif qui est déréglé par « une minorité de spéculateurs », qui font passer leurs intérêts financiers avant le droit au logement des ménages.

Développer le logement social

« On a besoin d’investissements massifs pour le logement social », ajoute Amir Khadir, qui déplore cependant que le gouvernement Couillard ait plutôt choisi de sabrer dans le programme accès logis. Le député de Mercier salue la nouvelle politique d’inclusion adoptée par l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal en juin, mais il insiste sur l’importance de financer le développement du logement social en conséquence.

Des sites comme celui de l’Hôtel-Dieu, sur Saint-Urbain, ou celui de l’Agence de la santé et des services sociaux, sur Saint-Denis, où le camp pour le droit au logement du FRAPRU a d’ailleurs tenté de s’établir en mai, présentent, selon lui, un potentiel de développement communautaire et social à saisir. Il s’inquiète en outre de l’effet spéculatif que pourrait avoir la vente de ces terrains et bâtiments à des promoteurs immobiliers, qui risquerait notamment d’accentuer le phénomène de gentrification commerciale.

À lire jeudi : la suite de notre entrevue avec Amir Khadir où il sera question, entre autres choses, des effets de l’austérité et des enjeux énergétiques.

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