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Rachel et Papineau à une autre époque

Histoire
Future église de l’Immaculée en 1895
On voit les ouvriers jetant les bases et les fondations de la future église de l’Immaculée. (Source : archives de la Famille Renaud, soumis par Gaétan Sauriol)

Il n’y a aucune automobile ce matin rue Papineau !  C’est sûr, ce «diable» n’est pas encore inventé !

La photo qui coiffe cet article nous ramène 120 ans en arrière; au moment du début de la construction de l’église de l’Immaculée-Conception, angle Papineau et Rachel. En 1895, l’auto n’existe pas encore et la machinerie lourde de construction non plus. L’équipe d’ouvriers pose fièrement devant le chantier, au moment où les premières pierres, composant le massif des fondations, sont mises en place. On voit les «arbalètes» qui servent à déplacer les grosses pierres; machines-outils qui seront remplacées avec le temps par les immenses grues que nous connaissons aujourd’hui.

Cette période correspond également avec la formation du village de DeLorimier. C’est la famille Lionnais, riches propriétaires fonciers qui souhaitent développer ce secteur du futur Plateau, qui offre déjà en 1875 à Mgr Bourget, un vaste terrain afin d’y loger une église et éventuellement une paroisse. La création d’une paroisse est toujours signe de vitalité et une nécessité pour un nouveau quartier qui souhaite se développer. Cette première église dont la construction débute, angle Bordeaux et Rachel, ne vivra pas ses heures de gloire puisqu’une grave crise financière frappera le Québec. Les travaux seront reportés et lorsqu’ils reprendront, des difficultés liées à la mauvaise qualité du sol forceront les constructeurs à déplacer le site de l’église vers la rue Papineau. 

Mais quels sont donc ces constructions que l’on aperçoit derrière le chantier? En fait, en 1883, lorsque l’archevêché souhaite relancer les travaux, il demande aux jésuites de prendre charge de la construction de l’église et de l’administration de la paroisse.  Ceux-ci acceptent, mais à la condition qu’on leur accorde la permission de pouvoir construire également un scolasticat, afin d’assurer la formation des futurs jésuites. C’est ce fameux collège que l’on voit à l’arrière du site de la deuxième église.

Ce collège très important pour les jésuites en ce début du XXème siècle, voit son statut passer de «collegium maximum» en 1917, à celui de faculté pontificale en 1932. Le scolasticat et la chapelle du Sacré-Cœur seront démolis afin de permettre la construction de l’école «polyvalente» Jeanne-Mance.

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Illustration montrant l’ensemble du domaine de la Compagnie de Jésus. On voit l’église actuelle à gauche; les immeubles du scolasticat au centre; et les vestiges de la première église angle Bordeaux, qui sera connue sous le nom de la chapelle du Sacré-Cœur. L’ensemble de la propriété fait le quadrilatère Papineau, Bordeaux, Rachel, Marie-Anne. La partie de ce grand terrain au nord de Marie-Anne sera occupée par le Pensionnat Mont-Royal, dirigé par les Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et- de-Marie. (Source : BAnQ )

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Autre photo montrant l’église et le scolasticat, ainsi que les fondations de la première église qui sera complétée plus tard pour devenir la chapelle Sacré-Cœur. (Source : «le diocèse de Montréal au XIXème siècle»)

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

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