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La rue Prince-Arthur est chaude à soir!

Histoire
Rue Prince-Arthur, 1976
Une fête populaire servant de prétexte à l’appropriation de la rue Prince-Arthur par les piétons en 1976. On voit le Square Saint-Louis en fond de perspective de la rue. L’actuel et immense restaurant Casa Grecque a occupé, à partir de 1979, le bâtiment résidentiel que l’on voit à droite. Il a débuté en occupant le rez-de-chaussée du premier bâtiment angle de l’Hôtel-de-Ville, mais à la suite de nombreux agrandissements, il occupe maintenant les deux étages des trois bâtiments. (Source : photo de Robert N. Wilkins, sur le site MTL Then and Now)

Pour parodier la comédie musicale « Pied de poule », on change le nom de rue Rachel pour Prince-Arthur et on savoure la chaleur de ces clichés de l’été 1976.

La rue Prince-Arthur fait la manchette depuis un certain temps avec sa lente agonie annoncée et aussi sa récente expérience de marché de Noël. Il n’en fut pas toujours ainsi et dans les années 1970, la faune du Flower Power montréalais aimait bien ce petit bout de rue entre le Square Saint-Louis et la Main. Cette photographie datant de 1976, nous laisse entrevoir le plaisir évident des promeneurs d’envahir et de circuler librement dans la rue.

Trois ans plus tard, en 1979, ce sera l’apothéose de la rue Prince-Arthur avec l’arrivée des restos « Apportez votre vin » et l’engouement instantané des Montréalais pour ce style de restauration. Il faut dire que déjà à cette époque, on peut y manger un repas bon marché et boire du vin, « en cachette », dans de petits verres ordinaires. La modification de la Loi viendra autoriser cette pratique et ce sera la naissance d’une mode et d’une popularité effrénée. En 1980, la Ville de Montréal procède à l’aménagement de ce tronçon en mail piétonnier et les restos de brochettes à la grecque et de cuisine italienne l’investissent mur à mur.

Ces photos nous montrent aussi la situation originale de cette rue avant la grande transformation. On note un tissu urbain encore très résidentiel, avec de nombreux bâtiments datant de la fin du XIXe siècle. Le succès de cette transformation de Prince-Arthur n’a pas tardé à faire des petits et à migrer vers Duluth où l’on a reproduit le principe. Une autre tentative encore plus agressive fut tentée avec la rue de LaRoche au nord de Rachel, où plusieurs bâtiments furent achetés en catimini par des prête-noms. Dans ce cas, la transformation fut stoppée in extremis par le voisinage qui craignait (avec raison) pour sa qualité de vie.

prince-arthur B

La banderole nous dit « Streets for people ». On peut penser que la fermeture de la rue est une expérience initiée par la Ville et saluée par les groupes populaires. C’est un test qui préparera 1980. Mais il faut dire que la courte longueur de ce tronçon favorise un tel aménagement. (Source : photo de Robert N. Wilkins, sur le site MTL Then and Now)

La troisième et dernière photo nous montre la direction ouest avec la version française de la banderole qui dit maintenant « Des rues pour vivre”. On milite pour des rues piétonnes, mais on ne se doute pas de l’impact qu’aura la transformation de 1980. L’envahissement des clients motorisés rendra obligatoire la mise en place des fameuses vignettes de SRRR (stationnement sur rue réservé aux résidents). 

Autre anecdote, à droite derrière la banderole, on distingue l’édifice logeant la salle “La Polonaise” qui abritera, en1982, la production de la comédie musicale “Pied de poule”. Ce spectacle issu de l’imagination de Marc Drouin et Robert Léger lancera entre autres la carrière de Normand Brathwaite dans le rôle de “François Perdu”. L’immeuble, maintenant devenu le “Café Campus”, deviendra un fétiche pour Brathwaite car il y animera également son fameux “Piment fort” entre 1993 et 2001. L’histoire ne dit pas si la reprise de l’émission s’y retrouvera à nouveau.

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Source : photo de Robert N. Wilkins, sur le site MTL Then and Now/Vue vers l’ouest avec une foule bigarrée où le jeans aux pattes d’éléphants semble être le nouvel uniforme des “hippies” montréalais. (Source : photo de Robert N. Wilkins, sur le site MTL Then and Now)

Une ville en transformation encore aujourd’hui… 40 ans plus tard.

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