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Il faut bien faire avancer nos chevaux!

Histoire
pont de glace en 1887 devant Longueuil
Le pont de glace aménagé entre Longueuil et le quai d’Hochelaga (Montréal) est balisé de petites épinettes afin de ne pas le perdre de vue lors des bourrasques de neige. On apercoit au loin la silhouette de la co-cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil, construite en 1887. (Source : Musée McCord)

Dans «l’ancien temps», ça prenait du foin pour faire avancer sa voiture.  Aujourd’hui ça n’a pas tellement changé car ça prend encore beaucoup de «foin» pour faire le plein de nos chevaux-vapeurs.

Au XIXème siècle, le moteur à essence n’est pas encore répandu et la société ne compte essentiellement que sur le cheval pour effectuer les déplacements des biens et des personnes.  C’est donc par milliers que l’on dénombre les chevaux sur le territoire de Montréal à cette époque.  Mais il faut bien les nourrir tous ces chevaux; ça prend des tonnes de foin.  On retrouve d’ailleurs à différents endroits de la ville, des marchés au foin où les propriétaires peuvent s’approvisionner.  Mais les pâturages sont rares à Montréal et il faut faire venir la campagne en ville.  L’été, avec les bateaux-passeurs, tout va bien, mais l’hiver, que faire?  On profite alors du fleuve gelé pour y aménager un pont de glace pour amener tout ce foin en ville.  Pendant quelques années on retrouvait également un chemin de fer sur la glace qui reliait les deux rives du fleuve.

Mais qu’arrive-il avec le foin une fois arrivé en ville.  On a déjà dit que les urbains se rendaient dans les marchés au foin pour en acheter et se le faisait livrer chez-eux.  Les grands propriétaires du Mille Carré Doré, ainsi que le reste de la bourgeoisie montréalaise, possèdent tous une ou deux voitures à cheval.  Comme aujourd’hui avec les automobiles, les chevaux et les voitures étaient gardés à l’arrière de la maison dans des “garages-écuries”.  Évidemment, le foin devait aussi s’y retrouver et on l’entreposait au second étage de ces écuries.

Plus près de nous, les demeures plus cossues du Plateau de la fin du XIXème siècle possédaient toutes ces écuries.  On pense à la rue Sherbrooke, au Square Saint-Louis, à la rue Cherrier, la rue Saint-Hubert, où on retrouvait ces édifices.  Plusieurs sont encore debout et vous en croisez sûrement au cours de vos promenades, sans les reconnaître.

Ancienne écurie à l'arrière du 311 Square Saint-Louis

Ancienne écurie à l’arrière du 311 Square Saint-Louis (côté nord). On remarque la grande porte à l’étage où l’on engrange le foin pour les chevaux qui logent au rez-de-chaussée, avec les voitures. (Photo: Julie Patenaude)

La photo nous montre une écurie à l’arrière du 311 Square Saint-Louis.  On peut présumer qu’on y loge trois voitures.  Peut-être une pour l’hiver et deux pour l’été?  Cette écurie se trouve derrière le 311, que l’on voit sur la photo suivante.  C’est le troisième édifice à partir du coin de la rue.

Maisons victoriennes, Square St-Louis

Magnifique alignement de maisons victoriennes, typiques des demeures bourgeoises au pourtour du Square Saint-Louis à la fin du XIXème siècle. Elles font étalage d’une maçonnerie de pierre grise très ouvragée, qui est complétée par de fausses mansardes en ardoise, avec une profusion de menuiseries très élaborées et coiffées de petits pavillons surmontés de ces treillis si typiques de ce style Second-Empire. (Photo: Université de Montréal)

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