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Branle-bas de combat avenue du Mont-Royal

Histoire
Incendie au 1660 Mont-Royal est, 2 mars 1960
Le feu s’est déclaré à la chapellerie Charlebois, sise au 1660 Mont-Royal est. (Photo: Archives du Musée des pompiers de la Ville de Montréal)

On vous parle aujourd’hui d’une tragédie qui nous ramène 56 ans en arrière. On s’en souvient en même temps avec une grande tristesse aussi, puisque 5 pompiers y ont laissé leurs vies.

Pour les gens qui dégustent aujourd’hui leur café au Second Cup, coin Mont-Royal et Marquette; ils peuvent se dire (ou s’imaginer) qu’ils se trouvent au beau milieu de ce qui était jadis … un magasin de lingerie fine pour dames : le commerce de Mlle Bégin.  Ainsi, le grand type attablé au fond et qui se commande un café «bien corsé», ne sait peut-être pas qu’il est installé au beau milieu de ce qui était le rayon des corsets à baleines.  C’est ça l’évolution d’une rue commerciale; il y a des petites cachotteries comme ça.

Toutefois, au moment où fut prise cette photo, le 2 mars 1960, Mademoiselle Bégin a bien sûr d’autres préoccupations en tête; même chose pour les gens de la bijouterie J. Omer Roy.  Ils sont voisins et victimes, tout comme les nombreux commerces aux alentours, d’un violent incendie qui fait rage depuis le milieu de la matinée.  C’est une note moins drôle !

Le feu s’est déclaré à la chapellerie Charlebois, sise au 1660 Mont-Royal est.  Le vent d’ouest pousse le feu vers Papineau et embrase plusieurs édifices.  Cela rend la situation difficile pour les pompiers qui, dans cette alerte générale, combattent sur plusieurs fronts.  L’ampleur de l’incendie se traduit finalement par l’écroulement d’une structure, qui emporte avec elle sept pompiers, dont cinq perdront la vie.  C’est la pire tragédie de toute l’histoire du service des incendies de la Ville de Montréal. 

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Sept pompiers sont entraînés dans l’effondrement d’une structure. Deux seulement pourront être secourus. On voit ici leurs collègues qui font leurs recherches dans les décombres du hangar arrière. (Photo: Archives du Musée des pompiers de la Ville de Montréal)

Ces pompiers sont : Marius Létourneau, Erban Soucy et Eusèbe Loiseau, de la caserne 5; ainsi que Lionel Gariépy et Henri Robichaud, de la caserne 19.  Nous saluons ici leur courage et leur sens du devoir.  La prochaine chronique sera d’ailleurs consacrée aux cérémonies entourant l’événement.

Aujourd’hui, l’emplacement est occupé par un supermarché. Le lecteur peut constater que l’immeuble logeant le commerce de Mlle Bégin et celui de la bijouterie Roy est encore en place aujourd’hui.  On peut d’ailleurs toujours admirer l’impressionnante “enseigne au néon”, comme on disait au moment de l’apparition de ce mode d’affichage, de la bijouterie Roy.  Il y a une trentaine d’années, la SIDAC Mont-Royal (société d’initiative et de développement des artères commerciales), ancêtre de l’actuelle SDAMR, avait réalisé un inventaire des dernières affiches lumineuses de l’avenue.  Un projet visait à préserver et mettre en valeur ces témoins des heures de gloire de l’avenue commerciale.  Le commerce J.O. Roy avait emboîté le pas et restauré la sienne; qu’il conserve précieusement depuis.

Une autre page de la longue et passionnante histoire de l’avenue du Mont-Royal …  il y a plus d’un demi siècle! 

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

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